Une tragédie locale à ne jamais oublier

Publié le par La Nouvelle République

Dépôt de gerbe, en présence de Jeannine Trudelle. Photo NR

Dépôt de gerbe, en présence de Jeannine Trudelle. Photo NR

Le 16 août est une date « gravée à jamais dans la mémoire des Valencéens », pour reprendre les mots du maire de Valençay, Claude Doucet. Il y a soixante-quinze ans, cette journée fut en effet le théâtre d’une importante opération des Allemands. « Le bilan de cette journée est lourd et quand les Allemands repartent il y a huit innocents assassinés et quarante-deux immeubles endommagés ou détruits », retrace le premier élu.

Gilles Groussin, au nom de l’Association nationale des anciens combattants (Anacr) retrace l’épilogue de cette tragédie : « Vers 15 h, tout bascula, Valençay allait subir durant trois heures la barbarie nazie. Des soldats venaient de la kommandantur de Romorantin. Après un arrêt à Chabris, la colonne traverse Varennes-sur-Fouzon où deux agriculteurs sont tués sur-le-champ près de La Borde et un retraité qui revenait de la pêche, à bout portant. Ils envahissent ensuite l’hôpital puis les rues de Valençay et la place Talleyrand ; Valençay est bouclé par des autos mitrailleuses et des tanks. La colonne allemande est composée de trois cents SS. Ils savent qu’un résistant blessé, Louis Chauvier, se trouve à l’hôpital. Un détachement de soldats envahit l’hôpital, après avoir tué deux ouvriers qui en ressortaient, dont Eugène Trudelle, le père de Jeannine. Pendant que l’officier parlemente avec la sœur supérieure, une autre religieuse revient avec un bébé dans les bras pour le présenter à l'Allemand. Il s’agissait de Pierre Lachaud, dont le papa était lui-même résistant. “ Ici, maternité ”, dit la sœur supérieure à l'officier qui finit par ressortir de l’ETBS avec ses hommes. Sans le courage de ces religieuses, Valençay aurait sans doute connu le sort d'Oradour ».

Présente à cette commémoration, Jeannine Trudelle, mère d’Eugène Trudelle, témoigne : « A la demande de Luis Allovard, mon père était venu à Valençay pour transporter les blessés maquisards qui se trouvaient à l'hôpital où il y avait mon père. Il avait transformé son véhicule en véhicule de la Croix-Rouge, ayant un laisser passer pour la zone libre. Arrivé à l’hôpital et ayant étudié la meilleure situation pour le transport, il sortit pour aménager son véhicule et là, il fut abattu de trois balles en plein cœur. Je revois encore son portefeuille transpercé. Je n’ai jamais oublié ce jour qui a brisé ma vie. »

Les noms des civils tués : Louis Allovard (50 ans), Joseph Cherbonnier (63 ans), Fernand Lucas (70 ans), Roger Mailley (42 ans), Gaston Mosseron (65 ans), Lucien Nervet (58 ans), Henri Rabaud (49 ans), Eugène Trudelle (41 ans), auxquels il faut ajouter les trois victimes de Varennes-sur-Fouzon, Daniel Cochereau, Gaston Devaux et René Hérioux. 

Publié dans Articles de Presse

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