Le 3 septembre 2011, le jour où la maladie dégénérative de Jacques Chirac a fuité dans la presse

Publié le par BFM TV par Jeanne Bulant

Atteint d'une maladie neurodégénérative, l'état de santé de Jacques Chirac s'était progressivement dégradé ces dernières années. Retour sur cette journée de septembre 2011 où la France a découvert dans la presse que son ancien président était malade.

 Jacques Chirac à son arrivée au Quai Branly à Paris en novembre 2014. - PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Jacques Chirac à son arrivée au Quai Branly à Paris en novembre 2014. - PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

L'ancien président Jacques Chirac, mort ce jeudi à 86 ans, n'était pas apparu officiellement novembre 2014, en raison de ses problèmes de santé qui l'ont progressivement affaibli. Réputé pour avoir eu une santé de fer pendant des décennies Jacques Chirac est d'abord victime d'un AVC en 2005, avant d'être diagnostiqué en 2011 d'une maladie dégénérative.

Le 2 septembre 2005, à 72 ans, l'ex chef de l'État est donc été victime d'un accident vasculaire cérébral. Encore en exercice, Jacques Chirac est alors admis en urgence à l'hôpital du Val-de-Grâce à la suite de migraines et de troubles de la vision. Les médecins diagnostiquent un AVC et lui conseillent d'éviter les déplacements aériens durant six semaines. Il suit les consignes dans un premier temps, mais il reprend rapidement les voyages à marche forcée: en Afrique, Thaïlande, Inde, Arabie Saoudite ou encore Chine.

Un rapport médical fuite dans la presse

Le 3 septembre 2011, un rapport médical qui avait été remis à la justice fuite dans la presse. Bruno Jeudy, notre éditorialiste politique, a été le premier journaliste à faire état du souci de santé dont était atteint l'ancien président de la République. Le journaliste, alors en poste au Journal du Dimanche (JDD), est alerté par plusieurs des proches de Jacques Chirac en janvier 2011, quelques mois avant l'ouverture de son procès sur les emplois fictifs à la mairie de Paris.

Bruno Jeudy se rappelle avoir accompagné l'ancien président lors de l'un de ses derniers déplacements officiels près d'Orléans. Alors âgé de 79 ans, l'ancien président se trouve aux côtés de Simone Veil, où ils assistent ensemble à une cérémonie d'hommage à des enfants déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le journaliste garde en mémoire un Jacques Chirac très affaibli, ayant du mal à se déplacer.

Plusieurs des proches de Jacques Chirac lui confient alors que l'ex-président est atteint d'une maladie neurodégénérative et d'anosognosie. Un trouble de la reconnaissance de soi qui l'empêche d'avoir conscience de sa dégénérescence mentale.

En révélant l'état de santé du président dans ses pages, le JDD s'attire alors les foudres de son épouse Bernadette Chirac. Si celle-ci dément dans un premier temps, puis sa famille finit par transmettre un certificat médical du service de neurologie de la Pitié-Salpêtrière faisant état de troubles neurologiques "sévères et irréversibles", assurant que Jacques Chirac "n'est pas en état d'être jugé".

Absent à son procès

Trop vulnérable pour assister à son procès, Jacques Chirac est finalement condamné en correctionnelle à deux ans avec sursis pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt".

Cette même année, Alain Juppé se dit "triste" de voir l'état de santé de l'ancien président de la République, dont il est très proche, "se dégrader". Il le dit "extrêmement fatigué".

Trois ans plus tard, en janvier 2014, Bernadette Chirac dit penser que son époux ne parlera plus jamais en public. Souffre-t-il de la maladie d'Alzheimer? "Honnêtement, je ne le crois pas". "Il n'a pas vraiment les symptômes, mais c'est vrai qu'il a une petite baisse de sa mémoire, surtout par moments, c'est très variable", indique-t-elle.

Il fait sa dernière apparition publique le 21 novembre 2014 où il apparaît affaibli, la démarche hésitante, mais souriant aux côtés du président François Hollande, au musée du Quai Branly, à l'occasion de la remise du prix de la Fondation Jacques Chirac (voir photo d'illustration de l'article). 

En avril 2016, des photos dans la presse laissent entrevoir l'ancien président en fauteuil roulant, lors des obsèques de sa fille Laurence. En mars 2019, Jean-Louis Debré indique qu'il ne sait pas si son vieil ami le reconnaît désormais et que "le dialogue est peu à peu devenu impossible".

Publié dans Articles de Presse

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