Affaire Dupont de Ligonnès : tout comprendre en 11 dates

Publié le par Le Monde avec AFP

L’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir assassiné toute sa famille à Nantes en 2011, intervient après huit ans de cavale.

Vue de la maison des Dupont de Ligonnès, le 22 avril 2011 à Nantes, où les corps de la famille ont été découverts. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Vue de la maison des Dupont de Ligonnès, le 22 avril 2011 à Nantes, où les corps de la famille ont été découverts. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

L’arrestation, à Glasgow, d’un homme soupçonné d’être Xavier Dupont de Ligonnès, vendredi 11 octobre, pourrait être le terme de plus de huit ans de traque d’un père de famille soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes en 2011 et qui avait mystérieusement disparu.

Rappel des principales étapes de l’énigme :

Le 1er avril 2011

Xavier Dupont de Ligonnès achète dans plusieurs magasins du ciment, une bêche et une houe et, le lendemain, quatre sacs de 10 kg de chaux.

La nuit du 3 au 4 avril 2011

C’est la « date probable » du décès de la mère, Agnès, et des enfants Benoît (13 ans), Anne (16 ans) et Arthur (21 ans), selon le parquet de Nantes. Le 5 avril, Thomas (18 ans) rentre à Nantes dans la soirée à la demande de son père. Il est probablement tué cette nuit-là.

Le 11 avril, le collège des deux benjamins de la famille et l’employeur de l’épouse reçoivent des courriers expliquant leur absence par une mutation en Australie. Neuf proches reçoivent un courrier expliquant le départ soudain de toute la famille pour les Etats-Unis par la double vie d’agent secret qu’aurait eu Xavier Dupont de Ligonnès.

Le 15 avril 2011

Après une nuit passée au Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens (Var), Dupont de Ligonnès est vu pour la dernière fois par un témoin, s’éloignant à pied avec un étui dans le dos pouvant contenir une carabine.

L'hôtel de Roquebrune-sur-Argens (Var), où Xavier Dupont de Ligonnès a passé sa dernière nuit avant de disparaître. REUTERS/ERIC GAILLARD

L'hôtel de Roquebrune-sur-Argens (Var), où Xavier Dupont de Ligonnès a passé sa dernière nuit avant de disparaître. REUTERS/ERIC GAILLARD

Le 19 avril 2011

Alors que dès le 13 avril, de premiers appels sont passés à la police nantaise, il faudra attendre le 19 pour qu’une enquête soit ouverte pour disparition inquiétante de l’ensemble de la famille.

Le 21 avril 2011

Les enquêteurs découvrent les cinq corps d’Agnès et de ses quatre enfants tués par balle enroulés dans des draps et de la chaux sous la terrasse de la maison familiale. Le lendemain, les autopsies révèlent une « exécution méthodique », avec chacun au moins deux balles tirées en pleine tête.

La maison des Dupont de Ligonnès, à Nantes, où les corps de la famille ont été découverts le 21 avril 2011. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La maison des Dupont de Ligonnès, à Nantes, où les corps de la famille ont été découverts le 21 avril 2011. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Le 26 avril 2011

Un mandat d’arrêt international est émis contre Xavier Dupont de Ligonnès. Du 23 au 28 juin 2011, des fouilles sont organisées dans une quarantaine de cavités autour de Roquebrune-sur-Argens, puis dans les environs avec une centaine de CRS, d’enquêteurs de la police judiciaire de Toulon, de sapeurs-pompiers et quatre équipes cynophiles.

Le 26 juillet 2011

Une centaine de policiers dans toute la France procèdent à une quinzaine de perquisitions et 25 auditions libres parmi les proches parents et amis de Xavier Dupont de Ligonnès. Sans résultat.

Le 28 avril 2015

Des ossements sont découverts près de Fréjus (Var), non loin du dernier endroit où a été vu le père de famille. Ces ossements humains s’avéreront ne pas être les siens.

Le 14 juillet 2015

Un courrier, daté du 11, et signé « XAVIER Dupont de Ligonnès » est envoyé au bureau de l’AFP à Nantes. Le 29 juillet, au terme des expertises, la police juge que ce message énigmatique – « Je suis toujours vivant », puis en minuscule « de là jusqu’à cette heure (sic) » – au dos d’une photo de deux de ses fils Arthur et Benoît, ne permet pas d’identifier Ligonnès.

Le 9 janvier 2018

La police intervient, sans succès, dans un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles pensaient avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès fin 2017.

Le 11 octobre 2019

Après une « dénonciation anonyme », il est repéré par des policiers de l’aéroport parisien de Roissy, qui n’ont pas le temps d’intervenir avant son embarquement pour Glasgow, mais préviennent Interpol. Il sera arrêté à son arrivée en Ecosse après identification de ses empreintes digitales.

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