Affaire Xavier Dupont de Ligonnès. La « prudence » en attendant « les certitudes »

Publié le par Ouest-France par Thomas Heng

Xavier Dupont de Ligonnès n'a pas été arrêté à Glasgow, on le sait désormais. La police écossaise est allée un peu vite en besogne. Le procureur de Nantes, Pierre Sennès, s'était résolument montré très « prudent » en attente de « certitudes » dès que la nouvelle de cette arrestation a été rendue publique.

Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes. | OUEST FRANCE ARCHIVES

Pierre Sennès, procureur de la République de Nantes. | OUEST FRANCE ARCHIVES

Après l’embrasement, c’est l’heure de la sidération. Les expertises ADN ont parlé: l'homme arrêté à Glasgow n'était pas Xavier Dupont de Ligonnès. Dès les premières heures qui ont suivi la révélation par la police écossaise de l'arrestation d'un homme suspect, un léger voile de doute entourait le coup de tabac de vendredi soir.

Rappelons que les policiers français ont reçu un signalement indiquant que Xavier Dupont de Ligonnès prenait l’avion pour Glasgow. Les policiers francais n’ont pas eu le temps de le contrôler. Ce sont donc les Écossais qui l’ont arrêté à sa descente de l’avion.

Le procureur de Nantes, Pierre Sennès, le répétait ce matin encore à Ouest-France : « Je reste prudent. Des enquêteurs partent en Écosse ce matin avec des éléments d’identification. Il convient d’attendre le résultat de cette investigation demandée par le juge d’instruction pour avoir des certitudes. »

Un témoignage sème le doute

Même son de cloche dans les coulisses de l’enquête, où l’on préfère toujours les certitudes ADN, à plus forte raison dans une affaires aux nombreux rebondissements. Un témoignage recueilli par Europe 1 avait semé des doutes.

Il s’agit d’un voisin de la maison qui a été perquisitionnée dans les Yvelines, dans la nuit de vendredi.

Il connaissait bien l’occupant de la maison a-t-il assuré au micro d’Europe 1 : « Vendredi matin il a pris l’avion, comme il fait d’habitude. Il rentrait en Écosse, sa femme l’attendait à Glasgow. On l’a eu tout à l’heure au téléphone, et elle dit « voilà, ils l’ont arrêté, je n’ai pas plus de nouvelles ». Elle est effarée. Il n’a rien à voir ! Même s’il a pris X années de plus, il n’a rien à voir avec cette tronche-là ! C’est un homme qui est grand, visage rond, rien à voir !, estime Jacques. Pendant la perquisition, je suis monté pour essayer de voir un policier, pour leur dire qu’ils étaient en train de se planter lamentablement. Ça fait 30 ans que je le connais ce mec-là, c’était un ami. J’ai été à son mariage en Écosse. »

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