Brest. L’ancien député et conseiller général Jo Gourmelon est décédé

Publié le par Le Télégrame

Joseph Gourmelon, figure de la vie politique brestoise s’est éteint, ce week-end, à l’âge de 81 ans. Il avait renoncé à toutes responsabilités politiques il y a un peu plus de dix ans. Il aura marqué de son empreinte à gauche la ville et toutes les institutions qu’il a représentées ou présidées.

Jo Gourmelon, en 2008. (Photo archives Patrice Le Berre) Le Télégramme

Jo Gourmelon, en 2008. (Photo archives Patrice Le Berre) Le Télégramme

L’homme politique brestois Jo Gourmelon, est décédé, a indiqué sa famille ce dimanche. Né en 1938, Jo Gourmelon a été député du Finistère de 1981 à 1993, président de la Communauté urbaine de Brest (CUB) de 1977 à 1981 et conseiller général de Brest Bellevue de 1973 à 2008.Proche des valeurs du Parti socialiste, Mitterrandiste convaincu et fidèle aux idées de Laurent Fabius, l’ancien contrôleur divisionnaire des douanes a enchaîné avec passion les responsabilités politiques entre 1973 et 2008. Conseiller général de Brest-Bellevue de 1973 à 2008, président de la communauté urbaine de Brest de 1977 à 1981 et député du Finistère sans interruption de 1981 à 1993, sa couleur très à gauche au sein du parti socialiste lui a valu des joutes et des désaccords politiques sérieux, dans un territoire à forte tonalité rocardienne.

Patron à poigne

Le député aux trois mandats successifs avait décidé de se retirer au début de l’année 2008, en désaccord avec la plupart de ses compagnons de route du PS, formation qu’il quittera d’ailleurs entre 1997 et 2001. Sa forte personnalité et l’image d’un patron à poigne au sein de la communauté urbaine qu’il préside plusieurs années forgent l’image d’un homme peu enclin aux compromis et gardant une certaine distance, pour ne pas dire un soupçon d’aigreur, à l’égard de ses compagnons de route.

Retiré à Plouguerneau, Jo Gourmelon avait complètement disparu de la vie politique brestoise et de son canton de Bellevue qu’il avait propulsé sur le devant de la scène, dès 1973.

Fervent défenseur du CHU de Brest, où il siégera de longues années au conseil d’administration, il militera ardemment en faveur de son extension à la Cavale Blanche. Homme de projets, homme de convictions, ses responsabilités départementales l’amèneront à gérer le devenir de structures toutes aussi différentes que la SEM de Port-La-Forêt, le Grand hôtel de la mer à Morgat ou encore la compagnie aérienne Finist’Air.

« Un de ceux qui ont reconstruit le PS à la pointe bretonne »

Pour le maire de Brest et président de Brest Métropole, François Cuillandre, « Jo Gourmelon restera celui qui, aux côtés de Francis Le Blé, Pierre Maille et Louis Le Pensec ont reconstruit le PS à la pointe bretonne ». « Il devient le premier conseiller général PS à Brest et assure la présidence de la communauté urbaine de 1977 à 1981. C’était un homme d’initiatives et de convictions qui n’y allait jamais par quatre chemins ».

Pour Fortuné Pellicano, conseiller communautaire et adjoint au maire de la ville de Brest, « il a énormément apporté au quartier de Bellevue tout au long de ses mandats successifs. « Il n’avait pas peur d’exprimer son point de vue jusqu’à aller à l’encontre des positions de son parti. Il avait cette ouverture d’esprit et cette franchise qui le rendait attachant ».

Pour l’ancien député Tino Kerdron qui l’a bien connu puisqu’il a été son député suppléant de 1988 à 1993, « Jo Gourmelon avait une volonté féroce de faire avancer ses idées ». « Il a labouré son canton, œuvré pour l’hôpital et a été très attentif sur les questions de défense. Nous avons eu une divergence en 1997 (ils se retrouvent face à face) que je n’ai toujours pas compris. Je retiens de lui qu’il ne lâchait jamais ses dossiers ».
 

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