Donald Trump annonce la mort d'Abou Bakr el-Baghdadi, "mort comme un chien"

Publié le par La Dépêche du Midi par Brendan Smialowski

Le président américain Donald Trump a annoncé ce dimanche depuis la Maison Blanche, la mort du leader de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi lors d'une offensive menée dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre. Le chef de l'Etat Islmaique "s'est fait sauter avec sa veste chargée d'explosifs", selon le président américain. 

Donald Trump doit prendre la parole en début d'après-midi, heure française

Donald Trump doit prendre la parole en début d'après-midi, heure française

L'annonce promettait d'être "énorme" : "Le président des États-Unis fera une annonce très importante demain matin à 9 heures (14 heures, en France, ndlr) depuis la Maison Blanche", avait déclaré samedi soir le porte-parole du président américain, Hogan Gidley, sans autres précisions. Une annonce qui survenait après que le président américain a publié un message sybillin sur Twitter. "Quelque chose d'énorme vient de se passer !".

Comme beaucoup de médias l'avaient anticipé et avancé comme plus que probable, cette annonce est donc celle de la mort du chef de l'Etat Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, qui a été visé par une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie à l'issue de laquelle il a perdu la vie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources sur le terrain, des commandos américains ont été héliportés et débarqués dans la nuit dans la région d'Idleb où se trouvaient des "groupes proches de l'EI", le groupe Etat islamique.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les chaînes de télévision américaines CNN et ABC ont ainsi fait état de ce raid visant Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples attentats sanglants à travers le monde. Selon CNN, des tests étaient en cours afin de pouvoir confirmer formellement la mort du chef du groupe jihadiste avant l'annonce officielle. Il aurait fait exploser sa veste chargée d'explosifs pour se suicider au moment du raid.

Une information qu'a confirmée Donald Trump lors de sa prise de parole. L'ancien chef du groupe jihadiste s'était réfugié dans un tunnel creusé pour sa protection avec trois de ses enfants. "Il a déclenché sa veste (d'explosifs), se tuant ainsi que les trois enfants", a dit Donald Trump. Il est mort "comme un chien", a ajouté le président américain lors de son intervention télévisée.

Toujours d'après le président américain, un "grand nombre" de combattants de l'EI seraient morts à l'issue de ce raid.

Intense activité militaire

Sur le terrain, l'OSDH a fait état de tirs d'hélicoptères après minuit dans la province syrienne d'Idleb. Il a précisé que l'attaque avait fait au moins neuf morts, dont deux femmes et un enfant.

Les tirs de huit hélicoptères ont visé après minuit une maison et une voiture aux abords du village de Baricha, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Abdelhamid, un habitant de Baricha, s'est rendu dans le secteur touché très tôt dimanche matin. "Il y a une maison écroulée, des tentes et une voiture civile endommagées avec deux morts à l'intérieur", a-t-il raconté à l'AFP. Aux abords de Baricha, un correspondant de l'AFP a pu voir la carcasse d'un minibus carbonisé, touché par des bombardements. "L'opération a duré au moins jusqu'à 3h30 du matin", a précisé un autre habitant.

Lles forces kurdes ont fait état dimanche matin dans un communiqué d'une opération "historique", résultat d'une coopération "conjointe de renseignements" avec les États-Unis.

De son vrai nom Awad al-Badri

La dernière apparition d'al-Baghdadi remontait à une vidéo de propagande du 29 avril dernier où il appelle ses partisans à poursuivre le combat. Il y apparaissait pour la première fois depuis cinq ans et avait promis que son organisation "vengerait" la mort des jihadistes tués de l'EI, affirmant que le combat contre l'Occident était "une longue bataille".

C'est à Mossoul en Irak que le chef de l'EI a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri. En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance à la tête du "califat" de l'EI autoproclamé sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie voisine. Ce "califat" a été déclaré éradiqué le 23 mars 2019 par les forces antijihadistes en Syrie, mais le chaos sécuritaire de la région fait craindre une résurgence de l'organisation.

De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, le chef de l'EI serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat, puis militaire, avant d'étudier la théologie.

C'est lors de l'invasion américaine de l'Irak en 2003 qu'il crée un groupuscule jihadiste sans grand rayonnement avant d'être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca.

Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d'Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s'installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak. Le groupe, rebaptisé Etat islamique, supplante Al-Qaïda, tandis que ses succès militaires initiaux et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

Publié dans Articles de Presse

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