Donald Trump confirme la mort du chef de l’Etat islamique, «un succès incroyable»

Publié le par Le Temps avec les médias américains

Dans une allocution télévisée, le président américain a confirmé qu’à la suite d’une opération américaine au sol risquée dans le nord-ouest de la Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi, acculé dans un tunnel, «tremblant, en pleurs», avait fini par activer sa veste explosive. «Il est mort comme un lâche» 

Donald Trump confirme la mort du chef de l’Etat islamique, «un succès incroyable»

Le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a été tué lors d’une opération militaire nocturne des Etats-Unis dans le nord-ouest de la Syrie, a confirmé à 14h21, heure suisse, le président américain, depuis la Maison-Blanche, annonçant que «justice avait été faite».

La conférence de presse présidentielle. C’est un incroyable récit rempli de détails et de commentaires que Donald Trump a fait de l’opération américaine, intervenue de nuit. Les soldats sont arrivés par hélicoptère et ont mené une opération au sol qui a duré au total deux heures, «dangereuse et audacieuse», que le président a pu regarder en direct depuis la Situation Room de la Maison-Blanche.

Plusieurs hommes d’Al-Baghdadi ont été tués, mais aucun Américain. Al-Baghdadi a fini par être tué avec trois jeunes enfants qu’il avait pris avec lui, en déclenchant sa veste explosive «très puissante», acculé au fond d’un tunnel par des chiens, en pleurs, et tremblant de frayeur, selon les mots de Donald Trump. «Comme un poltron, avec de jeunes enfants, dans un tunnel. Le monde devrait le savoir.» «Il est mort comme un lâche», a répété plusieurs fois par la suite le président américain. Deux autres femmes ont été tuées. Le tunnel s’est ensuite effondré. En plus d’autres proches du chef de l’EI, onze enfants ont été enlevés et mis en sécurité, sans qu’on sache s’il s’agissait des enfants d’Al-Baghdadi. La confirmation de son identité est intervenue 15 minutes plus tard.

Le président américain a remercié la Russie, la Turquie, l’Irak, la Syrie et les Kurdes de Syrie qui ont permis de mener à bien l’opération, «une des priorités numéro un de ma présidence». «Seuls des Américains sont intervenus mais on a eu beaucoup d’aide», a aussi précisé Donald Trump. «Nous savions qu’il y aurait cette opération depuis trois jours», a-t-il aussi expliqué, rendant hommage aux services de renseignement, «incroyablement compétents» («ils méritent bien le nom d’Intel», a plaisanté le président). Il a aussi félicité les militaires américains «incroyablement brillants» qui ont permis le succès de l’opération. Celle-ci a été rendue publique une fois que les soldats américains ont été mis en sécurité dans un «aéroport ami», sans qu’on sache duquel il s’agit. Il fallait aussi vérifier l’ADN de l’homme tué.

«Pensez à James Foley et à tant d’autres, toutes ces fois où vous avez vu des décapitations, avec la mer derrière, ou à ces hommes enfermés dans des cages incendiées – c’était ça Al-Baghdadi, et il ne faut jamais revoir cela. C’était le pire.» Donald Trump a aussi insisté sur la différence avec Oussama ben Laden, surtout connu pour le 11-Septembre. «Mais cet homme-là a construit un Etat, un empire, avec des conséquences dans le monde.»

Les autres informations de la conférence de presse. Ce succès de l’armée américaine ne change rien à la détermination de Donald Trump de quitter la Syrie, a-t-il répété plusieurs fois. Le président américain a au total parlé une cinquantaine de minutes, s’exprimant d’abord seul puis répondant à plusieurs questions.

Les réactions. La guerre contre le groupe Etat islamique «n’est pas encore terminée», a averti dimanche le premier ministre britannique Boris Johnson.

Même tonalité à Paris:

Avant la conférence de presse. Les premières informations avaient déjà circulé toute la matinée sur les médias américains, Newsweek ayant été le premier à révéler l’opération américaine. Des tests biométriques et d’ADN devaient encore être menés ce matin pour confirmer qu’Al-Baghdadi fait bien partie des personnes tuées lors d’un raid mené par des hélicoptères dans le nord-ouest de la Syrie, tout près de la frontière turque. On a longtemps pensé qu’Abou Bakr al-Baghdadi se terrait plutôt quelque part près de la frontière irako-syrienne.

Les débris sur le terrain, aux alentours du village de Barisha, bombardé ce matin par hélicoptère. AFP

Les débris sur le terrain, aux alentours du village de Barisha, bombardé ce matin par hélicoptère. AFP

Pas de soldat américain tué. C’est ce qu’annonce CNN, qui cite des sources haut placées dans l’opération.

Turquie. Le Ministère turc de la défense avait dans la matinée affirmé pour sa part sur Twitter avoir été en «coordination» avec les Etats-Unis avant l’opération américaine, menée dans un secteur tout proche de la frontière turque, sans apporter de détail sur la cible. Un haut responsable turc en a cependant dit un peu plus à l’AFP, sous couvert d’anonymat.

«Selon mes informations, Baghdadi était arrivé à cet endroit 48 heures avant l’opération américaine. Nous étions en coordination étroite avec les parties concernées», a-t-il déclaré.

Un véhicule détruit dans les bombardements d'un hélicoptère ce matin aux environs du village de Barisha, dans le nord-ouest de la Syrie AFP

Un véhicule détruit dans les bombardements d'un hélicoptère ce matin aux environs du village de Barisha, dans le nord-ouest de la Syrie AFP

Une opération sur le terrain. En tout début de matinée, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources sur le terrain, avait fait état également d’une opération de commandos américains héliportés et débarqués dans la nuit dans la région d’Idlib (nord-ouest) pour «cibler de hauts dirigeants du groupe Etat islamique».

L’homme le plus recherché du monde, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d’attentats sanglants dans plusieurs pays, a été plusieurs fois annoncé mort ces dernières années.

Le «califat» territorial de l’EI a été défait en mars dans son dernier réduit en Syrie.

Publié dans Articles de Presse

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