Mort d'Abou Bakr al-Baghdadi : quel impact pour Daech après le décès de son chef et fondateur ?

Publié le par Courrier International

TERRORISME - Plusieurs fois annoncé disparu, Abou Bakr al-Baghdadi est mort lors d'un raid militaire américain dans le nord-est de la Syrie. Mais le décès du chef du groupe État islamique est un coup dur symbolique porté à l'organisation djihadiste, qui a prouvé sa résilience et sans doute anticipé la mort de son leader.

Un homme présenté comme étant Abu Bakr al-Baghdadi a fait sa première apparition publique le 5 juillet 2014 à Mossoul, en Irak.  PHOTO / Social Media Website via REUTERS TV

Un homme présenté comme étant Abu Bakr al-Baghdadi a fait sa première apparition publique le 5 juillet 2014 à Mossoul, en Irak. PHOTO / Social Media Website via REUTERS TV

"Abou Bakr al-Baghdadi est mort." Dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche ce dimanche 27 octobre, Donald Trump a confirmé que la mort du chef de l'État islamique durant un raid militaire américain mené dans le nord-ouest de la Syrie. Inscrit sur la liste des terroristes les plus recherchés du monde par les États-Unis, sa tête était mise à prix à hauteur de 25 millions de dollars, et considéré comme responsable de multiples exactions, atrocités et attentats sanglants perpétrés dans plusieurs pays, dont l'Irak et la Syrie, la mort du leader de Daech avait été annoncé plusieurs fois ces dernières années. 

Mais si la disparition d'al-Baghdadi est un coup dur administré à l'organisation djihadiste, dont il avait été autoproclamé "calife" en 2014, elle est avant tout une portée symbolique. Ainsi pour Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po-Paris, "il n'est pas cependant certain", confie-t-il à l'AFP, "qu'une telle perte symbolique affecte fondamentalement la direction opérationnelle de Daech, depuis longtemps aux mains de professionnels aguerris. (...) En ce sens, cette disparition pourrait avoir à terme un moindre impact que n'en avait eu pour Al-Qaïda l'élimination d'Oussama Ben Laden (le 2 mai 2011, ndlr)"

"Abou Bakr al-Baghdadi est mort." Dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche ce dimanche 27 octobre, Donald Trump a confirmé que la mort du chef de l'État islamique durant un raid militaire américain mené dans le nord-ouest de la Syrie. Inscrit sur la liste des terroristes les plus recherchés du monde par les États-Unis, sa tête était mise à prix à hauteur de 25 millions de dollars, et considéré comme responsable de multiples exactions, atrocités et attentats sanglants perpétrés dans plusieurs pays, dont l'Irak et la Syrie, la mort du leader de Daech avait été annoncé plusieurs fois ces dernières années. 

Mais si la disparition d'al-Baghdadi est un coup dur administré à l'organisation djihadiste, dont il avait été autoproclamé "calife" en 2014, elle est avant tout une portée symbolique. Ainsi pour Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po-Paris, "il n'est pas cependant certain", confie-t-il à l'AFP, "qu'une telle perte symbolique affecte fondamentalement la direction opérationnelle de Daech, depuis longtemps aux mains de professionnels aguerris. (...) En ce sens, cette disparition pourrait avoir à terme un moindre impact que n'en avait eu pour Al-Qaïda l'élimination d'Oussama Ben Laden (le 2 mai 2011, ndlr)"

Dans une série de tweets, Rita Katz, directrice de SITE Intelligence Group, un groupe américain spécialisé dans la surveillance des mouvements djihadistes, prévient ainsi que "l'Histoire nous a appris (à travers la mort d'al-Zarqawi et d'autres chefs) que le mouvement est résilient sur le plan opérationnel et va capitaliser sur la mort d'al-Baghadi pour recruter et appeler à de nouvelles attaques." "Il sera intéressant de voir comment l'EI, qui ne réagit pas pour l'instant, va réagir à sa mort, et quand."

À Bagdad, le chercheur Hicham al-Hachémi, l'un des meilleurs spécialistes des mouvements djihadistes dans la région, estime que "le plus probable est que la mort d'al-Baghdadi créé un moment de silence et une pause dans les attaques terroristes, comme cela avait été le cas après l'assassinat d'Abou Omar al-Bagdadi", ancien chef d'Al-Qaïda en Irak, dont est issu l'État islamique, tué en 2010. À l'époque, précise-t-il à l'AFP, "Al-Qaïda avait eu besoin de quatre mois pour réactiver ses opérations". 

Deux épouses de Baghdadi se seraient elles aussi suicidé.

Dans la nuit de samedi à dimanche, à l’issue de l’opération, le président Donald Trump, qui aurait donné il y a une semaine son feu vert à l’opération, a tweeté : “Quelque chose d’énorme vient de se passer !” Le locataire de la Maison-Blanche a par ailleurs indiqué qu’il s’exprimerait ce dimanche à 9 heures (14 heures, heure de Paris).

De nationalité irakienne, Abou Bakr al-Baghdadi, un religieux ultraconservateur, s’est pleinement impliqué dans la résistance islamiste à l’invasion américaine de l’Irak de 2003. Il a été détenu par l’armée américaine dans le centre d’Abu Ghraib et le camp de Bucca où se sont côtoyés plusieurs futurs leaders djihadistes.

À l’origine de la création de l’État islamique, il en prendra la tête en 2010, à la mort de son prédécesseur, tué dans une opération militaire conjointe irako-américaine, rappelle Newsweek. En avril 2013, il annonce rebaptiser l’État islamique d’Irak en État islamique en Irak et au Levant et étendre ses opérations à la Syrie. Un an plus tard, le rétablissement du califat est annoncé, califat qui prendra le nom d’État islamique. Abou Bakr al-Baghdadi apparaît alors pour la première fois en public à Mossoul. Depuis, les rumeurs sur sa mort n’ont cessé de circuler. Jusqu’à la diffusion, en avril dernier, d’une vidéo par l’organe de propagande de l’État islamique.

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