11-Novembre : l'hommage aux poilus de 14-18

Publié le par La Provence par Frédéric Cheutin

Le 11-Novembre célèbre la fin du premier conflit mondial. C'est aussi un moment essentiel d'unité de la Nation

Les sacrifices demandés aux combattants de la Première Guerre mondiale ont été incommensurables.

Les sacrifices demandés aux combattants de la Première Guerre mondiale ont été incommensurables.

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, sonnaient les clairons annonçant l'armistice signée quelques heures plus tôt dans un wagon de train stationné dans la clairière de Rethondes. D'un côté de la table, les Alliés, France, Royaume-Uni et États-Unis en tête. De l'autre les puissances réunies autour de l'Allemagne. Prenait fin la Première Guerre mondiale.

Au moins dans la partie ouest du continent européen. Un continent dévasté qui a vu la mort de 18,6 millions de personnes (9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils), la disparition de quatre Empires (allemand, austro-hongrois, russe et ottoman) et la naissance ou la renaissance de petites nations comme la Pologne, la Finlande, la Tchécoslovaquie, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, ou l'extension d'autres comme la Serbie qui, en annexant la Croatie et la Slovénie, se rebaptise "Royaume des Serbes, Croates et Slovènes".

De ces quatre ans d'une guerre à la sauvagerie, à la barbarie consommées, les peuples européens sont sortis ruinés et traumatisés. Le progrès, cette philosophie qui avait transcendé la fin du XIXe siècle, permettant de croire que demain serait meilleur qu'hier, a laissé la place au culte des morts. À l'issue de ce premier conflit mondial, la France s'est donc couverte de monuments aux morts, cénotaphes n'abritant aucun corps, généralement placés au centre des villes ou villages, et mémoriaux élevés sur les champs de bataille, abritant parfois les dépouilles de centaines de milliers de soldats.

Notre pays compte aujourd'hui quelque 35 000 monuments aux morts, principalement édifiés entre 1920 et 1925, répartis dans plus de 95 % des communes. Comme autant d'hommages à nos morts, à leur sacrifice. Un sacrifice doublé de la volonté farouche de faire que la Der des ders, selon le surnom donné à ce conflit par les premières troupes montant au front, ait bien été la "der des ders". L'Histoire a montré, vingt-et-un ans seulement plus tard, et continue à montrer qu'il n'en aura rien été.

Les dates clés

L'idée d'honorer un soldat inconnu est lancée le 20 novembre 1916, au moment de la bataille de Verdun. Le 8 novembre 1920, une loi est votée pour qu'un hommage soit rendu aux restes d'un soldat non identifié "mort au champ d'honneur". Représentant anonyme de la foule des "Poilus", le Soldat inconnu est inhumé le 28 janvier 1921 sous la voûte de l'Arc de Triomphe à Paris. Le 11 novembre 1923, le ministre de la guerre et des pensions, André Maginot, allume pour la première fois une flamme du souvenir. Depuis, elle est ravivée tous les soirs à 18 h 30.

L'hommage rendu le 11 novembre 1919 est discret : une minute de silence est organisée en l'honneur des personnes tombées pendant la Grande Guerre, dans la chapelle des Invalides.

L'année suivante, la cérémonie prend une dimension nationale avec la volonté d'honorer tous les soldats morts aux combats. Par la suite, les anciens combattants insistent pour que le Parlement déclare le 11 novembre comme fête nationale. C'est l'objet de la loi du 24 octobre 1922 qui en fait un jour férié.

En plus d'être le jour anniversaire de la signature de l'armistice de 1918 et de "commémoration de la victoire et de la paix", la loi du 28 février 2012 étend l'hommage à tous les "morts pour la France" des conflits anciens ou actuels, qu'ils soient civils ou militaires sont désormais honorés ce jour-là. Le 11 novembre est ainsi comparé au Memorial Day américain qui honore l'ensemble des militaires américains morts dans toutes les guerres.

En parallèle, de 1920 à 1925, 35 000 monuments aux morts sont édifiés.

Les hauts lieux de la mémoire en Paca 

Le monument pour les morts en Opex est le 10e haut lieu de la mémoire nationale du ministère des armées. On en compte deux en région Sud-Provence Alpes Côte d’Azur : le mémorial du débarquement allié de Provence au Mont-Faron (Var) et le Mémorial des guerres en Indochine à Fréjus (Var).

Publié dans Articles de Presse

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