Divonne-les-Bains : les lettres de guerre d'un soldat de 14-18

Publié le par Le Dauphiné

Tous les deux jours, le chasseur alpin Philippe Martin écrivait à sa famille, dans le Pays de Gex...

Le chasseur alpin Philippe Martin (avec une croix sur la photo) au milieu de ses camarades, écrivait tous les deux jours à sa famille à Saint-Gix, depuis les tranchées. Archives photo DR

Le chasseur alpin Philippe Martin (avec une croix sur la photo) au milieu de ses camarades, écrivait tous les deux jours à sa famille à Saint-Gix, depuis les tranchées. Archives photo DR

Philippe Martin, jeune agriculteur à Saint-Gix, hameau de Divonne, dans l'Ain, où sa famille exploitait une ferme, a été mobilisé, pendant la guerre 14-18, au 21e Bataillon de chasseurs à pied, 4e Compagnie, secteur 117, matricule 4138. Il fut tué au combat le 9 mai 1915, à l’âge de 21 ans. Il repose au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette.

Tous les deux jours, le soldat écrivait à sa famille, dans le Pays de Gex. C’est une véritable chronique émouvante de la vie familiale, mais aussi du quotidien dans les tranchées, entre montées au front et repos à l’arrière, qui transparait dans cette correspondance.

Philippe Martin était le grand-oncle de Gérard Rochat, dirigeant de l’USD, ancien footballeur, bien connu à Divonne. Le 9 mai 1915, Philippe Martin sera tué par balles. Il recevra la Médaille militaire et la Croix de guerre à titre posthume.

Extrait de la citation de Philippe Martin, lui conférant la Croix de guerre avec étoile d'argent. Archives photo DR

Extrait de la citation de Philippe Martin, lui conférant la Croix de guerre avec étoile d'argent. Archives photo DR

EXTRAITS

29 octobre 1914. « L’autre jour en revenant des douches, j’ai retrouvé Cadoux, d’Arbère. Il a été blessé en Alsace d’une balle dans le bras. Il est clairon et m’a dit qu’Émile Granger et Girel sont morts. Je voudrais bien savoir si Jules est prisonnier ou mort. »

5 mars 1915. « Au bataillon j’ai rencontré des gars de Flies et de Crozet. Ils sont infirmiers et ne risquent pas beaucoup. »

20 mars 1915. « J’ai manqué d’être blessé, la balle a passé par-dessus l’épaule gauche, a percé ma capote, mon paletot de cuir, jusqu’à la chemise. C’est tout, mais j’ai bien eu peur… Si elle m’avait traversé l’épaule, j’aurais été bien heureux, j’aurais passé un mois à l’hôpital. Je crois que j’ai de la chance et que Dieu me protégera jusqu’à la fin. »

14 avril 1915. « Hier on s’est engueulé avec les Boches. D’une tranchée à l’autre on se parle tout le temps. On leur demande s’ils veulent aller à Paris. Ils répondent qu’ils y seront bientôt. On leur offre du pain. Hier, c’était des méchants, ils nous ont répondu par une fusillade. On pense que ce sont des Autrichiens qui sont en face. »

16 avril 1915. « On est en tranchées pour 48 heures, avant on y restait quatre jours. Mais notre commandant a trouvé que c’était trop. »

26 avril 1915. « Ces jours nous sommes à 15 km de la ligne de feu, on entend tonner le canon. Je vous laisse, je vais partir en marche. Ici on est très bien nourri. »

30 avril 1915, probablement la dernière lettre de Martin à sa mère. « Moi je me porte très bien. Je crois qu’on va attaquer les crêtes de Lorette. Ça va être dur car elles sont pleines de trous d’obus. Tous les bataillons de chasseurs à pied sont au repos avant de monter au feu. Ici il y a des gens qui sont bien, mais il y en a qui doivent espionner. »

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