Lucette Destouches, veuve et exécutrice testamentaire de Céline, est décédée

Publié le par ActuaLitté par Antoine Oury

Lucette Destouches, la veuve de Louis-Ferdinand Céline, est décédée ce vendredi 8 novembre à l'âge de 107 ans, à son domicile de Meudon, dans les Hauts-de-Seine. Exécutrice testamentaire de son mari, mort en 1961, elle avait récemment autorisé la réédition de ses pamphlets antisémites par les éditions Gallimard.

La maison de Lucette Destouches et Céline, à Meudon (LPLT, CC BY-SA 3.0)

La maison de Lucette Destouches et Céline, à Meudon (LPLT, CC BY-SA 3.0)

Née Lucie Almansor le 20 juillet 1912 dans le 5e arrondissement de Paris, Lucette Destouches se passionne très tôt pour la danse, avec une admission au conservatoire à l'âge de 14 ans. C'est en 1935 qu'elle rencontre Louis-Ferdinand Céline, trois ans après la publication du premier roman de ce dernier, Voyage au bout de la nuit. Quelques mois plus tard, l'écrivain fait paraitre Mort à crédit, avant de se consacrer à l'écriture de ses fameux pamphlets antisémites.

Installé à La Rochelle, le couple rejoint en juillet 1940 la capitale où il réside sous l'Occupation, jusqu'en 1944. Année marquée par une fuite à Sigmaringen, en Allemagne, qui précède l'exil au Danemark – Céline espère échapper à ses responsabilités, en tant que collaborationniste. « Tu es un petit ange de génie et de fidélité », disait Céline de Lucette, qu'il épouse en 1943.

Arrêté en décembre 1945 et condamné en 1950, Céline est libéré l'année suivante, et le couple s'installe à la villa Maïtou à Meudon, où il développe sa vie mondaine, recevant notamment Arletty, Marcel Aymé, Michel Simon, Charles Aznavour, Angelo Rinaldi ou encore Roger Nimier.

À la mort de son mari, en 1961, Lucette Destouches fait graver sur sa tombe « LUCIE DESTOUCHES NÉE ALMANSOR 1912-19.. », pensant rejoindre son mari au cours du XXe siècle.

(Par LPLT, CC BY-SA 3.0)

(Par LPLT, CC BY-SA 3.0)

Lucette Destouches enseignera la danse classique pendant des années, tout en gérant l'œuvre de Céline : elle s'est longtemps opposée à la réédition des pamphlets antisémites, avant de finalement y consentir, en 2017. La maison d'édition, Gallimard, renonce finalement au projet, assurant qu'il est reporté.

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