Résurrection de quatre tableaux spoliés par les nazis

Publié le par Léman Bleu par Priscilia Chacón

Résurrection de quatre tableaux spoliés par les nazis

C'est une histoire extraordinaire, Diego Gradis parle d'un « un conte de fée ».  A Rolle, une famille s’est vue restituer quatre oeuvres d’art spoliées par les nazis. Disparues depuis 80 ans, elles sont arrivées ce matin depuis l’Allemagne à Rolle, chez Diego Gradis, petit-fils de leur ancienne propriétaire.

Une à une les quatre oeuvres restituées aux héritiers de Georgette Deutsch de la Meurthe sont déballées, sous le regard ému de son petit-fils Diego. Il y a 18 mois, il ignorait tout de l’existence de ces objets. « Je suis tombée des nues » raconte-t-il.

Les quatre gravures et dessins du 18e siècle faisaient partie d’un ensemble de dix-huit tableaux et meubles qui se trouvaient dans cet hôtel particulier à Paris, où a vécu Georgette de la Meurthe. Pendant l’Occupation, l’hôtel est réquisitionné par la Wehrmacht. La seule survivante de cette famille juive quitte la capitale en 1940. Mais elle a entamé des démarches, sans en parler à personne, pour récupérer ses biens.

C’est l’affaire Gurlitt qui provoque leur réapparition. Fin 2014, on découvre dans un appartement à Münich plus de 1500 oeuvres acquises dans des conditions douteuses. A ce moment, le collectionneur privé qui possède les quatre oeuvres décide de les rendre à ses véritables propriétaires.

En septembre dernier, les héritiers de Georgette Deutsch de la Meurthe sont accueillis par la ministre de la culture allemande à Berlin. Un moment irréel où ils découvrent les tableaux, d'une faible valeur financière. 

Pour Diego Gradis, c’est une partie de son ancêtre qui revient à lui. Mais il rêve d’un autre destin pour ces tableaux. Il veut les prêter à des musées à travers le monde. Une nouvelle vie pour ces oeuvres, pour raconter à la fois la spoliation des biens juifs et le travail de restitution de l’Allemagne.

Publié dans Articles de Presse

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