Toulouse. Une rescapée : « La chaleur était insupportable dans les wagons »

Publié le par la Dépêche par B.C.

Photo DDM Nathalie Saint-Affre

Photo DDM Nathalie Saint-Affre

Elle dit vouloir « transmettre ». « C'est important de se souvenir, d'être vigilant », explique-t-elle. Conchita Ramos se rend au musée départemental de la résistance et de la déportation de Toulouse pour rencontrer des scolaires chaque lundi. Elle a 86 ans et vit à Toulouse. Elle en avait 18 quand elle a été arrêtée au mois de mai 1944. « J'étais agent de liaison dans la résistance », confie-t-elle. Deux mois plus tard, elle quittait la prison Saint-Michel pour la caserne Caffarelli puis la gare Raynal. « On nous a dit que nous partions pour l'Allemagne pour travailler », raconte-t-elle. Elle n'a rien oublié de ces deux mois. Elle dit la chaleur. « Difficilement supportable », se souvient-elle.

Puis décrit les « fours roulants » qu'étaient les wagons. Elle raconte aussi la soif. « Il n'y avait pas assez de nourriture car le trajet ne devait pas durer si longtemps. Le pire, assure-t-elle, c'était la soif. On devient dingue. Mais il y avait une grande solidarité entre les femmes. On s'aidait, on se promettait de ne pas se laisser tomber. Nous étions moins serrées que les hommes. » Le convoi comprenait 65 femmes jusqu'à Sorgues où l'une d'entre elles a pris la fuite. « On s'est retourné et elle n'était plus là, se souvient Conchita Ramos. Elle disait depuis le départ qu'elle voulait s'enfuir. Nous avons ramassé ses affaires et les gardes ne se sont aperçus de rien. » Quand le train est arrivé à Dachau le 28 août, Conchita Ramos venait d'avoir 19 ans. Avec les autres femmes, elle est amenée au camp de Ravensbrück. Elle sera libérée en avril 1945. « En juin 1945, dit-elle, j'ai retrouvé ma chère Toulouse. »

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