L'hommage de Bruno Gollnisch : “Le parachutiste Roger Holeindre est remonté au ciel”

Publié le par Valeurs Actuelles par Bruno Gollnisch

Roger Holeindre, cofondateur du Front national et ancien député, est décédé ce jeudi à l'âge de 90 ans. Bruno Gollnisch, membre du bureau politique du RN, lui rend hommage.

Roger Holeindre en 2007. Photo MIGUEL MEDINA/AFP

Roger Holeindre en 2007. Photo MIGUEL MEDINA/AFP

Je ne sais plus qui a dit que le malheur de la condition humaine, ce n’était pas tant que la vie soit si brève, mais qu’on n’en ait pas plusieurs à la fois… S’il est bien quelqu’un qui fait exception, et qui a mené de front plusieurs vies, c’est assurément Roger Holeindre. En 1944, à l’âge de 15 ans, échappé de sa pension dans l’euphorie de la Libération, il réussit au péril de sa vie et sous le feu à s’emparer dans un train de munitions en gare de Rosny de deux mitrailleuses allemandes, que le patriote directeur de la pension ira ensuite remettre aux autorités alliées… Les universités de Roger Holeindre, ce furent aussi et surtout les conflits dans lesquels il s’engage en 1946, dès l’âge de 17 ans, par pur patriotisme et afin de combattre l’hydre communiste qui menace le monde entier : l’Indochine où il se réengage en 1950, l’Algérie, où il accomplit des exploits militaires extraordinaires dont l’infiltration, sous un déguisement, d’une troupe de fellaghas ; exploits qui lui valurent de multiples distinctions (Croix de guerre avec de nombreuses citations, Valeur militaire).

Tour à tour animateur social en Algérie encore française, moniteur de centaines de scouts musulmans, puis rebelle par fidélité à la parole donnée, prisonnier politique, et encore, à sa sortie de prison, restaurateur, mais aussi héroïque président de l’association de soutien au malheureux Sud-Vietnam, ce qui lui valut en 1968 une tentative de lynchage par des émeutiers gauchiste, dont il ne réchappa que d’extrême justesse… Cet autodidacte fut aussi un écrivain prolixe, auteur de plus de trente ouvrages, grand témoin de son temps, grand reporter à Paris Match et au Figaro Magazine, et un militant politique, tribun du peuple hors pair, l’un des fondateurs du Front national, élu local et député de Seine-Saint-Denis, ayant au passage fait retentir les murs de l’hémicycle de ses empoignades homériques avec le communiste Ducolonné. Il n’y avait pas de retraite pour Roger Holeindre, infatigable écrivain, fondateur et président d’une importante association de plus de 6 000 anciens combattants, qui contrairement à beaucoup d’autres préfèrent en réalité le substantif combattants au qualificatif d’anciens… et ne s’interdisent pas de dire ce qu’ils pensent de la trahison du peuple français par ses élites.

Pour ma part, j’ai connu Roger Holeindre alors que j’étais tout jeune étudiant à Nanterre, en 1968. Avec quelques camarades, exaspérés comme nous l’étions par les violences et le désordre permanent qu’y faisaient régner les gauchistes de toutes obédiences, nous changions délibérément de lieu et d’ambiance, dépensant nos maigres économies pour dîner deux ou trois fois par an dans un restaurant qu’il avait créé de toutes pièces rue du faubourg Saint-Honoré dans des caves voûtées qu’il avait dégagées de ses mains : « le Bivouac du Grognard ». Grognard…c’est en effet en soldat du Premier Empire que le talentueux jeune peintre Alexandre Barbera-Ivanoff l’a si bien portraituré. Pour notre part, nous ne connaissions alors qu’une partie des exploits ce héros, grande gueule et cœur généreux, mais nous l’admirions sincèrement.

En 1980, alors que je séjournais au Japon, invité par une fondation culturelle du gouvernement de ce pays, j’ai pu lui servir guide et interprète bénévole à l’occasion d’une tournée en Extrême-Orient qu’il faisait dans le but de préparer un livre sur ces « nouveaux dragons » : Taïwan, Corée, Singapour, Hong-Kong, et le Japon, dont les progrès économiques étonnaient l’occident, à l’heure où la Chine continentale, ruinée par le délirant communisme de Mao, ne s’était pas encore éveillée… Pour ma part, je connaissais – ou croyais connaître- le Japon, où j’avais six ans plus tôt terminé mes études, dont je pratiquais la langue, et dont j’avais étudié la civilisation. Mais j’avais encore à apprendre, car j’ai été frappé du sens de l’observation de Roger Holeindre, qui y venait pour la première fois, et cependant me faisait remarquer bien des choses qui jusque là m’avaient échappé. J’étais encore loin à l’époque de m’imaginer que je serais un jour son collègue et que nous siègerions avec Jean-Marie Le Pen sur les mêmes bancs de l’Assemblée nationale, partageant les mêmes combats, les mêmes joies, les mêmes épreuves.

Roger Holeindre avait un souci de la vérité, nourri de sa vaste connaissance de l’histoire contemporaine. Une connaissance approfondie qui n’était pas seulement le fruit de l’étude mais aussi de son expérience personnelle, directe, immédiate. Et c’est ce qui rend précieux ce témoignage. Il « remettait les pendules à l’heure », sur des sujets les plus divers : qu’il s’agisse de la guerre d’Espagne, de la deuxième guerre mondiale, de l’occupation, de l’épopée de la France d’outre-mer, de l’Indochine, de l’Algérie, de ce qu’a été le communisme, de ce qu’il est encore, et surtout des complicité qu’il a rencontrées…Qu’il s’agisse aussi du Proche et du Moyen-Orient, du conflit israélo-palestinien, de la guerre d’Irak, etc. Dans tous ces domaines, précisions et citations à l’appui, il s’attaquait sans détour aux mensonges qui nous ont fait tant de mal. Et il y a de quoi faire !

Car c’est sur ces mensonges qu’est assise une pseudo-repentance inculquée aux Français dès leur plus jeune âge par un masochisme qui n’a rien de désintéressé. Roger Holeindre avait raison de penser que ce dénigrement constant est une arme psychologique aux mains des mondialistes adversaires de toutes les identités : nationales, culturelles, spirituelles, familiales… « En même temps » que le grand remplacement démographique qui résulte de la dénatalité et de l’immigration massive et incontrôlée, s’opère sous nos yeux le grand déclassement du peuple de France, un déclassement qui n’est pas seulement économique, mais aussi culturel. Quelques observateurs l’ont noté : la révolte des Gilets Jaunes est aussi le sursaut d’une identité meurtrie…

Il faut lire les informations décapantes contenues dans les ouvrages de Roger Holeindre, qu’on ne trouve nulle part ailleurs : ni dans les médias, ni dans les écoles, ni dans les académies, ni dans les discours des politiques, mais qui malgré leur occultation ont au moins une force : celle de la vérité. La vérité que Roger Holeindre a chaque fois passionnément servie, par l’épée, la parole ou la plume, en ayant toujours mis « sa peau au bout de ses idées » , et c’est sans doute le principal apport du vrai patriotisme qui a toujours été le sien.

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