Migrants : Erdogan compare les autorités grecques aux nazis

Publié le par L'Express avec AFP

Le président turc a également prévenu qu'Ankara gardera ses frontières avec l'Europe ouvertes jusqu'à un accord avec l'UE. 

Des centaines de migrants à la frontière entre la Grèce et la Turquie, à Pazarkule.  AFP

Des centaines de migrants à la frontière entre la Grèce et la Turquie, à Pazarkule. AFP

Il avait déjà, par le passé, accusé l'Allemagne et les Pays-Bas de "nazisme", ou encore cité l'Allemagne d'Hitler pour défendre sa façon de gouverner, Recep Tayyip Erdogan a remis ça. Le président turc a ainsi jugé qu'il n'y avait "aucune différence" entre les nazis et les autorités grecques repoussant par la force des milliers de migrants qui cherchent à rejoindre la Grèce après l'ouverture des frontières par Ankara.  

L'ancien maire d'Istanbul s'en est pris avec virulence aux autorités grecques qui ont fait usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau pour repousser les migrants. "Il n'y a aucune différence entre ce que faisaient les nazis et les images qui nous parviennent de la frontière grecque", a-t-il déclaré, qualifiant également les autorités grecques de "barbares" et de "fascistes". 

Lors de son discours, prononcé à Ankara, il a également affirmé que la Turquie garderait ses frontières avec l'Europe ouvertes pour laisser passer les migrants, jusqu'à ce qu'elle obtienne une réponse "concrète" de l'Union européenne à ses exigences.  

Réunion le 17 mars avec Merkel et Macron

Le chef de l'État turc a mentionné la reprise des discussions sur l'exemption de visas pour les ressortissants turcs voulant se rendre en Europe, l'ouverture de nouveaux chapitres dans le processus d'adhésion d'Ankara à l'UE - au point mort -, une modernisation de l'union douanière et une aide financière supplémentaire. "Nous ne faisons la manche auprès de personne. Tout ce que nous voulons, c'est que les promesses faites à notre pays soient tenues", a ajouté Erdogan

La veille, le président turc avait indiqué qu'il espérait des progrès sur ces questions d'ici un sommet du Conseil européen qui doit se tenir le 26 mars. Par ailleurs, il a affirmé qu'il recevrait le 17 mars à Istanbul la chancelière allemande Angela Merkel et le chef de l'État français Emmanuel Macron, mais la présidence française n'a pas confirmé la tenue d'un tel sommet. 

Les déclarations du président turc interviennent au surlendemain d'un déplacement à Bruxelles lors duquel il s'est entretenu avec de hauts responsables européens sur la question des migrants. La Turquie a annoncé fin février l'ouverture de ses frontières avec l'Europe, provoquant l'afflux de milliers de migrants à la frontière grecque et réveillant en Europe le souvenir de la crise migratoire de 2015. 

L'UE a accusé Recep Erdogan de "chantage" aux migrants, l'appelant à respecter les engagements issus d'un accord UE-Turquie conclu en mars 2016, qui prévoit que les migrants restent en Turquie, en échange notamment d'une aide financière européenne. 

Mais Ankara accuse l'UE de n'avoir pas tenu toutes les promesses prévues par cet accord, et soutient qu'il est nécessaire de le "mettre à jour" en raison des derniers développements en Syrie, notamment dans la province d'Idleb (nord-ouest). Dans cette région frontalière de la Turquie, près d'un million de personnes ont été déplacées par des violences depuis décembre. Ankara, qui accueille déjà quelque 3,6 millions de Syriens sur son territoire, redoute un nouvel afflux de réfugiés. 

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