Hitler : peut-on encore découvrir des choses sur sa mort ?

Publié le par GEO par France Inter

Invité dans l'émission "La Tête au carré" consacrée aux autopsies des morts célèbres, Philippe Charlier a consacré du temps d'émission au cas Adolf Hitler et à son suicide. 

Adolf Hitler en 1934 Getty / ullstein bild Dtl.

Adolf Hitler en 1934 Getty / ullstein bild Dtl.

Mathieu Vidard a interrogé le médecin légiste, archéo-anthropologue et "paléopathologiste" sur la mort d'Hitler.

Le médecin explique que dans le cadre d'un documentaire produit par France 2, il a fallu demander une autorisation auprès du gouvernement russe, afin d'avoir accès aux restes "putatifs" d'Adolf Hitler

Les restes sont dans deux services de contre-espionnage différents. 

À la surprise du médecin, les autorisations ont été données. 

Rappel historique

D’après l’histoire, Hitler est mort à Berlin en 1945, le 30 avril très exactement, alors que l'Armée rouge s'approche inexorablement. Hitler se tire une balle dans la tête après avoir avalé une capsule de cyanure. Son épouse Eva Braun ingère une capsule d'acide cyanhydrique en même temps que lui. Il est retrouvé par ses derniers fidèles et son majordome dans son salon privé. Ses dernières volontés faisaient état d'une volonté d'être brûlés, une fois morts : "Moi et ma femme choisissons la mort pour échapper à la honte de la déposition ou de la capitulation. Notre désir est d'être brûlés immédiatement sur les lieux où j'ai fourni la plus grande partie de mon travail quotidien pendant les douze années passées au service de mon peuple".

Un majordome a déposé son cadavre avec celui d’Eva Braun dans un trou d’obus, situé derrière le bunker de la Chancellerie et y a mis le feu. Quelques jours plus tard, les Soviétiques sont arrivés dans cette zone et ont récupéré les restes, "mais en deux campagnes successives". Un service a d'abord récupéré les dents et un autre service a récupéré, quelques mois plus tard, le reste du corps, dont un fragment de boite crânienne. Maintenant, ce sont donc les Russes qui possèdent les restes dans deux services différents à Moscou.

Comment sait-on que ce sont bien les siens ?

Philippe Charlier explique que ces restes étaient et sont connus. Mais il reste prudent : "on sait que c'est morphologiquement totalement compatible avec ce qu’on [sait] de lui, par des dossiers dentaires, par des radiographies faites un an avant sa mort et conservées aux Etats-Unis". 

    Mais ce qu’il fallait savoir (et c’était le but de mon enquête), c’était si les Soviétiques à l’époque de Khrouchtchev n’avaient pas fait un faux historique pour faire une fausse prise de guerre, un faux trophée de chasse

C'est une question qui peut se poser. L'idée ensuite, après avoir vu les restes, est de les étudier pour déterminer leur(s) propriétaire(s).

Des soldats russes sur ce qu'on dit être la tombe d'Adolf Hitler. On voit des jerricanes d'essence autour. Getty / Fred Ramage/Keystone

Des soldats russes sur ce qu'on dit être la tombe d'Adolf Hitler. On voit des jerricanes d'essence autour. Getty / Fred Ramage/Keystone

Que peut-on dire de ces restes ? 

    Ce sont des restes authentiques, qui ont servi, avec du tartre dentaire à la surface avec des traces de corrosion bleuâtres, liées au fait qu’il ait croqué une ampoule riche en cyanure qui a provoqué ce précipité d’amalgame sur les prothèses dentaires. 

"J’ai été autorisé à prélever le tartre dentaire et à le ramener en France pour l’étudier au microscope électronique à balayage et en toxicologie.

    On s’est rendu compte qu’il n’y avait aucune fibre carnée à l’intérieur, donc pas de viande, ce qui colle en tout cas avec le régime purement végétarien d’Adolf Hitler

Philippe Charlier explique également avoir découvert "beaucoup d’argile à l’intérieur de ces dents". "Cela colle avec son dossier médical conservé aux Etats-Unis". Le dossier explique qu'il prenait beaucoup d’argile parce qu’il avait des brûlures d’estomac, et que l’argile faisait partie du traitement qui avait été prescrit.

Publié dans Articles de Presse

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