Disparition de Joanna Parrish : retour sur près de 30 ans d'enquête

Publié le par L'Yonne Républicaine par Ludovic Berger

Dans le cadre de l'affaire Joanna Parrish, le tueur en série Michel Fourniret était à Monéteau, ce mardi 25 septembre, près de là où la jeune femme avait été retrouvée morte en 1990. Retour sur près de 30 ans d'enquête.

Photomontage de la photo de Joanna Parrish avec le lieu où son corps a été retrouvé en 1990. Archives © inconnu

Photomontage de la photo de Joanna Parrish avec le lieu où son corps a été retrouvé en 1990. Archives © inconnu

Jeudi 17 mai 1990, un pêcheur de Monéteau, Patrice Bardot, aperçoit le corps d'une femme flottant à la surface des eaux de l'Yonne, à Monéteau, à proximité des tennis, près d'une berge en béton. Il est environ 9 h 15. "Elle était nue, dit-il, je n'ai simplement aperçu que la montre qu'elle portait au poignet. Elle indiquait 11h15" (L'Yonne républicaine du 18 mai 1990).

Le rapprochement avec Joanna Parrish est effectué assez rapidement, la disparition de la jeune Anglaise ayant été signalée par deux amies, inquiètes de ne pas l'avoir vu revenir d'un rendez-vous qu'elle avait le mercredi soir.

Des marques de liens aux chevilles et poignets

Une première autopsie constate que le cadavre portait des traces de strangulation, des marques de liens aux chevilles et aux poignets et des ecchymoses sur le corps. Le rapport précise que Joanna Parrish est " morte par asphyxie, mercredi, entre 23 et 24 heures".

Monéteau, un pêcheur désigne l'endroit où son ami, pêcheur lui aussi, a découvert le corps de Joanna Parrish, le 17 mai 1990.

Monéteau, un pêcheur désigne l'endroit où son ami, pêcheur lui aussi, a découvert le corps de Joanna Parrish, le 17 mai 1990.

Elle n'a pas été jetée immédiatement dans l'eau et son corps n'y a séjourné qu'environ deux heures. C'est donc vers sept heures du matin que le meurtrier s'est débarrassé du cadavre, probablement là où il a été retrouvé, près des tennis de Monéteau. A cet endroit, il n'y a en effet pas de courant. Le corps, en deux heures, n'a pas dû beaucoup dériver avant d'être aperçu par un pêcheur vers 9 h 15.

Rapport d'autopsie de Joanna Parrish - L'Yonne républicaine du 21 mai 1990.

Une seconde autopsie relève que la victime a été violée.

Des décennies dans l'impasse

C'est le début d'une affaire qui va rester dans l'impasse des décennies durant. Des décennies pendant lesquelles les parents de Joanna Parrish vont revenir régulièrement dans l'Yonne à la recherche du moindre indice, à distribuer des appels à témoins dans les boîtes aux lettres d'Auxerre et de l'Auxerrois. En vain.

Il faut attendre l'arrestation de Michel Fourniret et Monique Olivier, en juin 2003, puis les aveux de cette dernière en février 2005, pour que le dossier se déverouille. Et encore... Si l'enquête, qui englobe aussi la disparition de Marie-Angèle Domece en 1988, est relancée, elle se heurte à de nouveaux obstacles. Ces deux dossiers ne soint pas joints aux sept autres meurtres et assassinats pour lequel le couple est jugé, puis condamné par la cour des assises des Ardennes, en 2008. Une ordonnance de non-lieu est même rendue en 2011.

La cour d'appel en décide autrement et relance l'enquête l'année suivante. Une enquête qui prend un nouveau tour en février dernier, quand Michel Fourniret reconnaît être à l'origine de la mort de la jeune Anglaise et de sa compagne d'infortune, Marie-Angèle Domece, deux ans plus tôt, déjà à Auxerre.

Après des années sans aucune avancée significative, la prise en main du dossier par la juge parisienne Sabine Kheris, appuyée par la section de recherches de Dijon, a enfin passé la vitesse supérieure. Un procès de Michel Fourniret et de Monique Olivier se profile à l'horizon 2019. Ou 2020. Trente ans après la mort de Joanna Parrish.

Publié dans Articles de Presse

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