Histoires 14-18 : Georges Clémenceau au front

Publié le par France 3 Grand Est par LG avec Mathieu Guillerot

C'est l'une des moustaches les plus célèbres de France. Georges Clemenceau, surnommé "Le Tigre" est l'un des pères de la victoire côté français qui multiplia les déplacements sur le front bien avant son arrivée au pouvoir en 1917.

© FTV

© FTV

Il fera des dizaines de visites au plus près des combats pour soutenir le moral des troupes et incarner une France engagée dans une guerre totale, sans compromission ni tentatives de paix. Mais en tant qu'homme de presse et parlementaire, ce vieux routier de la politique s'impose rapidement auprès des poilus et de l'opinion publique. Son arme, des dizaines de déplacements sur le terrain  au cœur des champs de bataille. 

En septembre 1915, malgré les réticences du Général Joffre, Clémenceau inaugure son premier voyage au front ici même en Champagne. A 74 ans, le président de la commission de l'Armée du Sénat s'immerge dans le quotidien des soldats, visitant leurs dortoirs et partageant leur repas. Accompagné de son fils Michel, Clémenceau exige d'être conduit en première ligne où il recueille les doléances des poilus sur le manque de tabac, de nourriture ou de vêtements chauds. Autant de carences qu'il attribue ouvertement à l'incompétence des gouvernements et des militaires qui se succèdent, les traitant ouvertement d'incapables.

© FTV

© FTV

Au-delà de l'opération de communication largement relayée dans son propre journal « l'Homme enchainé » et qui contribue à sa formidable popularité, Clémenceau utilise ces visites pour remobiliser les troupes et l'opinion publique. Il lui revient selon lui d'insuffler l'énergie de la victoire en promouvant sa vision de la « guerre intégrale » contre tout défaitisme ou tentative de paix avec l'Allemagne. Son patriotisme et son énergie sont même exploités par des publicitaires vantant les mérites d'un shampoing, de produits de nettoyage et même de teintures. En tout, Georges Clémenceau effectuera plus d'une cinquantaine de déplacements sur le front, parfois même au péril de sa vie. Des visites qui feront dire à l'un des ses accompagnateurs, le futur premier ministre anglais Winston Churchill, que le Tigre avait finit par incarner la France toute entière. 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article