Disparition de Jacques Lassalle : quand l'ancien directeur de la Comédie Française évoquait son Clermont-Ferrand

Publié le par La Montagne

Successeur d'Antoine Vitez à la Comédie Française, le metteur en scène Jacques Lassalle, décédé ce mardi 2 janvier, était né à Clermont-Ferrand et avait des attaches à Loupiac, dans le Cantal. 

En 2015, à Vichy, dans la lecture de Ranger les zumains de Stéphanie Janicot aux côtés de Sophie Rodriguès

En 2015, à Vichy, dans la lecture de Ranger les zumains de Stéphanie Janicot aux côtés de Sophie Rodriguès

"Je me souviens de ce premier automne 1946 qui marqua mon entrée en 6e à Massillon... Je me souviens de la cueillette des cerises à Beaumont... De la fabrique de pâtes de fruits, rue Rabanesse, à Clermont, où je suis né. Elles sont restées mes friandises préférées... Et cette odeur de confiture à laquelle répondait le parfum lourd du chocolat de la Marquise de Sévigné... Le bassin du Jardin des Plantes vidé de son eau et l'énorme tas de boue dans lequel j'avais irrésistiblement sauté, je m'étais enlisé au point d'y laisser mes chaussures... Les matchs de l'ASM que j'allais voir avec mon père et dont je n'ai, depuis, manqué aucun résultat...". 

Une enfance passée à Clermont-Ferrand

En 1990, pour La Montagne, Jacques Lassalle évoquait ainsi son enfance clermontoise lors du Ve festival de poésie du haut-Allier et alors qu'il venait d'être nommé administrateur général de la maison de Molière.

Né en 1936, le dramaturge avait conservé intact le souvenir des années troubles de la guerre où "l'on applaudissait Pétain place de Jaude, là-même où, deux ans après, on ovationnait le général de Gaulle" (...) Un paradoxe qui avait marqué le metteur-en-scène qui, en 1989, avait monté "Villa Luco", une pièce de Jean-Marie Besset dans laquelle De Gaulle rencontrait Pétain détenu à l'île d'Yeu. La chose avait alors fait grand scandale, l'affaire s'était retrouvée en justice, la famille du Grand Charles, choquée, ayant porté le pet à grand bruit...

Avec son ami de longue date, Olivier Perrier, ancien directeur du Centre dramatique national de région Les Fédérés, à Montluçon, Jacques Lassalle partageait la détestation du "théâtre institutionnalisé" et son "arrogance niaise".

Ancien élève, au Conservatoire de Paris, de Fernand Ledoux, enseignant, notamment à La Sorbonne, le fondateur du Studio Théâtre de Vitry, qui fut également directeur du Théâtre national de Strasbourg, avait, à travers  ses créations, rendu de nombreux hommages à Molière.

Comme son illustre prédécesseur, il avouait "aimer célébrer ceux qui se cachent, parler de ceux que le monde rejette, avoir la passion des sans histoire, des vies humbles". 

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