Flashback : Quand Alain Delon côtoyait les stars du grand banditisme français

Publié le par Vanity Fair par Aurore Savarit

Fidèle ami du clan Hornec, celui qui joue aux voyous aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans « Borsalino » n’a pas côtoyé le milieu du grand banditisme que dans les films.

© Silver Screen Collection/Getty Images

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Frédéric Ploquin, co-auteur avec Michel Mary du livre Les derniers seigneurs de Paris, confiait à Sud radio en mars 2018 qu’Alain Delon avait « depuis toujours une fascination-répulsion pour le milieu des bandits. » Selon lui, l’acteur « est depuis toujours dans le sillage des bandits qui dominent. » Pour preuve, Alain Delon a toujours témoigné d’une amitié sincère envers le clan Hornec, symbole même du grand banditisme parisien.

En effet, « depuis le début des années 1990, ils ont mis la main sur tout ce qui nourrit traditionnellement le milieu : la nuit, les boîtes de nuit, les jeux, les restaurants, tous les rackets qui nourrissent le grand banditisme depuis les temps des frères Guérini », détaillait au sujet du clan Frédéric Ploquin à la radio. Issu d'une famille de Manouches sédentarisés de Montreuil-sous-bois, ceux que l’on surnomme les « Gitans » ou les trois frères « H » (Jean-Claude, Mario et Marc) se font remarqué par la police dès 1992, suite à l’assassinat en plein Paris de Claude Genova, considéré comme étant l’un des plus grands parrains parisiens.

Ce qui n’empêcha pas Alain Delon en 2017, d’adresser aux autorités pénitentiaires une demande de permis de visite pour aller voir son ami de longue date, Marc Hornec, incarcéré à la maison d’arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis. Celui qui est surnommé « le forain » était alors mis en examen pour faits d'extorsions en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de commettre des délits de contrebande de tabac en bande organisée, blanchiment en bande organisée, fraude fiscale et non-justification de ressources.

Autre signe fort de l'amitié entre les deux hommes en mai 2017, lorsque les policiers viennent perquisitionner la propriété de Marc Hornec, située à Claye-Souily en Seine-et-Marne, ils y découvrent un 4x4 blindé BMW X5 immatriculé au nom… d’Alain Delon. « C’est un ami. Il me l’a prêté », avait alors justifié le forain. « Est-ce que le véhicule de M. Delon est lié à une infraction reprochée à M. Hornec ? La réponse est non » avait de son côté balayé Maître Jean Braghini, l’avocat d’Alain Delon. Avant de préciser, que de toute façon, son client de 81 ans estimait « que sa vision n’est plus suffisamment bonne pour conduire des véhicules rapides » et qu’il avait tenu à s’en débarrasser en les offrant à ses amis.

Marcel Campion, qui confirmait au JDD le 28 mai 2017 que les deux hommes étaient bien amis, s'est souvenu de la première rencontre entre l'acteur et « le forain » : « Delon, je le connais depuis 1975 par l'intermédiaire d'Yves Mourousi. Nous ne sommes pas intimes mais on est restés en contact. Il y a quelque temps, trois ou quatre ans, peut-être plus, il me contacte et me demande ce que j'ai de prévu dans les jours qui viennent. Je lui dis que je suis invité à un mariage chez les forains, Marc Hornec mariait son fils Franck. Il m'a suivi, et voilà… »

Au fil des années, rien n'a semblé ébranler les liens solides qui unissent le bandit et la star. En 2016, Alain Delon avait également remis une somme d’argent importante à son ami pour faire libérer de prison son fils détenu en suisse. Au sujet de sa démarche, l’acteur confiait à la Tribune de Genève : « J’ai reçu en juin dernier un appel catastrophé du père du jeune homme, m’expliquant que son fils avait été arrêté et emprisonné à Genève. Il fallait agir vite pour que son fils puisse être libéré. Je ne savais pas de quoi il était accusé. Mais son père est un ami de longue date et, par amitié, je voulais l’aider. » L’amitié ne semble donc pas avoir de prix pour Alain Delon.

Publié dans Articles de Presse

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