L'ex-dictateur du Panama a été condamné mercredi à 7 ans de prison pour blanchiment d'argent de la drogue

Publié le par franceinfo avec France2 avec AFP, France Télévisions

La peine maximale de dix ans de prison avait été requise contre l'ancien homme fort du Panama. Extradé le 26 avril des Etats-Unis après 20 ans de prison à Miami, il comparaissait depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment de quelque 2,3 millions d'euros issus du trafic de drogue. 

Dessin de l'ancien dictateur Manuel Noriega lors d'une audience le 12/05/10 (AFP Benoît Peyrucq)

Dessin de l'ancien dictateur Manuel Noriega lors d'une audience le 12/05/10 (AFP Benoît Peyrucq)

La peine maximale de dix ans de prison avait été requise contre l'ancien homme fort du Panama.

Extradé le 26 avril des Etats-Unis après 20 ans de prison à Miami, il comparaissait depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment de quelque 2,3 millions d'euros issus du trafic de drogue.

Arrêté en 1990 au Panama après une intervention militaire américaine, Manuel Noriega, 76 ans, homme fort de son pays dans les années 1980, a été reconnu coupable d'avoir blanchi plusieurs millions d'euros à Paris en achetant des logements de luxe et en remplissant des comptes bancaires.

Une peine de dix ans de prison avait déjà été prononcée par défaut en 1999 par le tribunal correctionnel de Paris pour ce même dossier. Manuel Noriega est rejugé à sa demande.

Au total, la famille Noriega est soupçonnée d'avoir abrité en France à la fin des années 1980 l'équivalent de plus de cinq millions d'euros sur des comptes bancaires.

Ont été aussi acquis avec de l'argent considéré comme illicite trois logements de luxe à Paris. Ils sont aujourd'hui sous séquestre. Le Panama, qui est partie civile au procès, a déposé une demande d'extradition pour d'autres affaires.

L'audition de Noriega mardi

Manuel Noriega, qui s'était présenté lundi devant la justice française en arborant la Légion d'honneur, a été entendu mardi.

"Si vous examinez les points de l'accusation contre ma personne, la charge de blanchiment n'existe pas", a-t-il soutenu devant le tribunal correctionnel de Paris. "Je suis victime de la même conspiration que celle orchestrée par les Etats-Unis contre moi à Miami", s'est défendu en espagnol l'ancien homme fort du Panama de 1983 à 1989.

"Je me suis investi avec zèle dans la lutte contre la drogue", a rappelé l'ancien militaire, combatif en dépit de ses 76 ans. "Et pour cela, j'ai reçu les plus grands éloges de la part des Etats-Unis, d'Interpol et de nombreux pays qui bénéficiaient de la lutte contre les narco-trafiquants", a poursuivi celui qui fut recruté comme agent double par la CIA dans les années 1970.

Le Panaméen a regretté qu'après son refus d'être "le fer de lance" des Etats-Unis en Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 contre les forces de gauche, "ait commencé contre (lui) une propagande négative après tant d'années de coopération ouverte avec les Etats-Unis".

Que lui reproche la justice française ?

La justice française lui reproche d'avoir blanchi en France 15 millions de francs (2,3 millions d'euros), qui proviendraient du cartel de Medellin (Colombie), via la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), fermée en juillet 1991 pour fraude internationale.

Plusieurs comptes secrets à l'étranger auraient été alimentés par des versements en espèces de parfois un à deux millions de dollars. Selon l'accusation, les versements en liquide, réguliers jusqu'en 1988, provenaient de l'argent de la drogue et arrivaient par valises tant ils étaient importants.

Après avoir été transférés à Londres, ces fonds ont été répartis dans des banques européennes, notamment à Paris et Marseille. Ils auraient notamment permis à Manuel et Felicidad Noriega d'acquérir trois appartements dans des quartiers chics de la capitale.

Noriega nie ce qui lui est reproché

Concernant l'origine de ces fonds, Manuel Noriega a assuré mardi qu'ils ne provenaient pas de la drogue mais de diverses entreprises où il était actionnaire majoritaire, ainsi que de la CIA. Quant à sa femme, elle ne travaillait pas, mais "elle avait ses propres ressources", notamment par son père, un riche entrepreneur de Galice.

Pour le reste, il a dit ne pas avoir été au courant de toutes ces manipulations vers des comptes étrangers : "le cerveau de tout cela est une autre personne. Moi je n'en savais rien". La seule chose qu'il demandait à son banquier, c'est que "l'argent soit mis en sécurité" afin que les Etats-Unis, qui prenaient alors des mesures de rétorsion économique contre le Panama, ne puissent le saisir, affirme-t-il.

Publié dans Articles de Presse

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