Loire-Atlantique. L’histoire de la Déportation : une transmission indispensable

Publié le par Ouest-France avec Presse Océan

Les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD44) ont pour objectif de mettre à la disposition de tous l’histoire et le parcours des 1 850 déportés de Loire-Atlantique recensés à ce jour.

Les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD44) insistent sur la nécessité de raconter, d'enseigner et de transmettre l'histoire de la Déportation (içi le camp d'Auschwitz en Pologne) PHOTO ARCHIVES PRESSE OCEAN

Les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD44) insistent sur la nécessité de raconter, d'enseigner et de transmettre l'histoire de la Déportation (içi le camp d'Auschwitz en Pologne) PHOTO ARCHIVES PRESSE OCEAN

Le 27 janvier a lieu la journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah et des génocides, et de la prévention des crimes contre l’humanité. Cette date correspond à la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, par les troupes alliées soviétiques, en 1945.

Depuis plusieurs années, l’AFMD 44 (les Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation – département de Loire-Atlantique) fait des recherches et constitue un mémorial de tous les déportés du département. Il s’agit de retracer leurs vies, leurs parcours, de rappeler leurs noms et qui ils étaient.

Dès la déclaration de guerre, de nombreux juifs étrangers qui fuyaient les persécutions dans les territoires déjà occupés par l’armée allemande et en Allemagne elle-même sont arrivés en Loire-Inférieure, sur la côte, avec l’espoir de gagner l’Amérique. Mais le continent américain impose des conditions de plus en plus drastiques pour les accueillir et des familles entières restent bloquées à Saint-Nazaire.

Il faut rappeler le dramatique épisode du paquebot Flandre, qui revient à Saint-Nazaire, en 1939, avec 96 passagers qui n’ont pas pu débarquer à Cuba. La famille Baum fait partie de ces passagers. À partir de 1940, l’armée d’occupation interdit aux réfugiés juifs de rester sur la côte. D’abord installés à Pornichet, les Baum doivent partir pour Châteaubriant, puis Nantes, puis Angers où ils seront arrêtés en juillet 1942 et déportés pour Auschwitz où ils seront assassinés.

Le 27 septembre 1940, les Allemands imposent le recensement de tous les Juifs en zone occupée et le 3 octobre le gouvernement de Vichy promulgue le premier statut des Juifs et met en œuvre une politique d’aryanisation. Les Juifs sont exclus de la vie économique. La plupart des professions leur sont interdites, ils sont spoliés de leurs biens, de leurs commerces, de leurs entreprises.

« C’est à nous de porter la mémoire des déportés et de trouver de nouvelles formes d’expression »

Les grandes rafles ont lieu en 1942, notamment le 14 et le 15 juillet, mais aussi en janvier 1944. En Loire-Inférieure, les victimes de ces rafles furent très nombreuses. Le convoi n° 8, du 20 juillet 1942, part d’Angers. 84 juifs de Loire-Inférieure, qui ont été arrêtés le 15 juillet, en font partie. La famille Metzger par exemple : Gaston Metzger est né dans le Bas-Rhin en 1881, il est arrêté avec sa famille à La Baule, où il s’était réfugié. Il meurt à Drancy en 1942. Laure, son épouse, et Huguette, leur fille née à Strasbourg en 1921, sont déportées par le convoi n° 8 et meurent à Auschwitz en octobre 1942. Les onze membres de la famille Angel, qui résidaient à Tharon, furent également arrêtés lors de cette rafle du 15 juillet et quatre d’entre eux sont dans ce convoi. Toute la famille a été déportée et assassinée à Auschwitz.

[…] Il est indispensable de raconter cette histoire, de l’enseigner, de la transmettre. L’actualité, dans différents pays, nous montre tous les jours que l’antisémitisme, le racisme et les idées d’extrême droite sont toujours présents : il ne faut pas oublier à quoi ces idées conduisent. Comme l’avait écrit Thomas Ginsburger-Vogel, qui présidait l’AFMD44, jusqu’à son décès en juillet 2020 : "S’il est nécessaire que des historiens continuent à écrire l’histoire des camps, car on est loin de tout connaître, c’est à nous de porter la mémoire des déportés et de trouver de nouvelles formes d’expression. C’est le sens de notre engagement dans le mémorial virtuel. Mais nous devons également approfondir nos connaissances de la genèse et du fonctionnement des camps miroir d’une société qui a eu des prolongements dans les sociétés actuelles […]. Afin que dans 75 ans nos descendants regardent en arrière et puissent dire : ils ont continué la marche ; rappelons-nous la phrase de Raphaël Lemkin, le juriste qui a ’’inventé’’ le mot génocide : si nous croyons que nous ne sommes pas capables de faire cela, c’est nous qui sommes dangereux »."

L’AFMD44 (afmd44@free.fr) se fixe pour objectif d’approfondir les connaissances sur la déportation en Loire-Atlantique et de mettre à la disposition du public et des familles le parcours des 1 850 déportés connus à ce jour.

Publié dans Articles de Presse

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