La cinéaste féministe Yannick Bellon est décédée à l'âge de 95 ans

Publié le par 20 Minutes avec AFP

DISPARITION Celle qui était également monteuse et productrice a tourné huit longs-métrages et une dizaine de formats courts, abordant des questions sociétales, du viol au cancer du sein, en passant par la bisexualité 

 Yannick Bellon a notamment réalisé «Les enfants du désordre»avec Emmanuelle Béart. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Yannick Bellon a notamment réalisé «Les enfants du désordre»avec Emmanuelle Béart. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

Yannick Bellon s’en est allée. La cinéaste féministe qui a marqué les années 1970 et 1980 avec des films comme L’amour violé, est morte dimanche à l’âge de 95 ans, a indiqué ce lundi son entourage à l’AFP. « Le regard que portait Yannick Bellon sur le monde va nous manquer. Son cinéma restera comme le témoignage de ses combats », a commenté le ministre de la Culture Franck Riester sur Twitter.

Celle qui était également monteuse et productrice a tourné huit longs-métrages et une dizaine de formats courts, abordant des questions sociétales, du viol au cancer du sein, en passant par la bisexualité.

« J’ai traité à plusieurs reprises dans mes films certains aspects de la réalité féminine parce que je me sens complètement concernée par la condition des femmes », disait à la revue 24 images la cinéaste qui se voyait comme « le contraire de la résignation ».

Un court-métrage sur la vie de Colette

Née à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) le 6 avril 1924, elle grandit dans une famille d’artistes, auprès notamment d’une mère photographe, proche des surréalistes.

Après un passage par l’Idhec (Institut des hautes études cinématographiques, devenu la Femis), dans la même promotion qu’Alain Resnais, elle débute au cinéma en 1948 par Goémons, qui obtient le grand prix du documentaire à Venise.

Elle tourne ensuite plusieurs autres documentaires et courts-métrages, comme Colette, sur la vie de l’écrivaine, Varsovie quand même, sur la renaissance de la ville martyre après la guerre, Le souvenir d’un avenir, travail effectué à partir des planches contacts des archives de sa mère, coréalisé avec Chris Marker.

Une œuvre engagée

En 1972 sort son premier long-métrage, Quelque part quelqu’un, avec Roland Dubillard et sa sœur Loleh Bellon, puis, deux ans plus tard, La femme de Jean, avec Claude Rich, sur la reconstruction d’une femme quittée par son mari. Après la sortie du film, rappelait le magazine Télérama en 2017, on nommait « femmes de Jean » « ces héroïnes du quotidien qui, sans esbroufe, parvenaient, si l’on ose dire, à ressusciter ».

En 1978, Yannick Bellon a le courage de filmer le viol dans toute sa violence crue : c’est L'amour violé, avec Nathalie Nell, Daniel Auteuil et Pierre Arditi, centré, une nouvelle fois, sur la difficile renaissance de la victime après une période de désespoir. Le film, qui avait eu du mal à trouver un producteur, déchaîne les passions et devient son plus grand succès public.

En 1981, L’amour nu, avec Marlène Jobert, raconte l’histoire d’une femme courageuse qui tombe amoureuse d’un homme tout en étant diagnostiquée cancéreuse : là encore, il s’agit d’un retour à la vie. Son dernier film de fiction (1992), L’affût, est l’histoire d’un instituteur, écologiste avant l’heure, (Tchéky Karyo) opposé à la chasse et qui veut créer une réserve ornithologique.

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