Soupçons de détournement à Marseille : placé en garde à vue, Gaudin se dit «serein» et «choqué»

Publié le par Le Figaro par Emmanuel Galiero

Le domicile de l'ancien maire avait été perquisitionné mardi dans le cadre de l'enquête liée à la gestion du personnel municipal.

Jean-Claude Gaudin à Marseille, le 24 juin 2020. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Jean-Claude Gaudin à Marseille, le 24 juin 2020. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

L'enquête s'accélère. Au lendemain des perquisitions menées mardi au domicile de Jean-Claude Gaudin, situé dans le 9e arrondissement de Marseille, l'ancien maire de la cité phocéenne a été placé en garde à vue ce mercredi. Ces deux informations, révélées par le journal La Provence et l'AFP, ont été confirmées auprès du Figaro par un proche de l'ex-édile, selon qui l'octogénaire se serait dit «serein» et «choqué» par la médiatisation de cette affaire.

Selon ses proches contactés mercredi, Jean-Claude Gaudin entend «respecter le travail de la justice». Mais ils ajoutent aussitôt de vives critiques sur la manière dont les éléments de l'enquête sont rendus publics: « Quand on voit que des photos de sa maison sont publiées alors même qu'il est en audition, ce n'est pas admissible. Que le parquet national financier prenne lui-même la responsabilité de violer, une fois de plus, le secret de l'instruction », proteste l'un de ses amis. « Jusqu'à preuve du contraire, personne aujourd'hui n'est condamné !», clame-t-il encore, avant de réclamer une nouvelle fois le respect de la «loi».

«Les perquisitions menées mardi s'inscrivent dans la suite d'une enquête ouverte il y a plus de deux ans concernant le personnel municipal de la ville. L'histoire est donc ancienne et le métier du maire n'était pas la gestion du personnel», réagissait-on la veille au soir dans l'entourage de Gaudin.

L'ancien maire serait soupçonné d'avoir conservé certains collaborateurs ayant dépassé l'âge légal de la retraite. «Certains médias étaient tenus au courant pratiquement en même temps. C'est une atteinte à la présomption d'innocence et chaque fois que l'on met de telles affaires sur la place publique, l'effet n'est jamais positif», jugeait-on aussitôt dans son entourages.

Les perquisitions conduites mardi dans le cadre de cette enquête renvoient à celles de mai 2019 lorsque les gendarmes de la section de recherches s'étaient rendus dans les bureaux de la direction des ressources humaines de la ville. Le Parquet national financier (PNF) avait alors ouvert une enquête préliminaire pour «faux, usage de faux et détournement de fonds publics».

Cette fois, il est fort possible que les gendarmes soient tombés sur les épreuves des mémoires de Jean-Claude Gaudin, à paraître chez Albin Michel. Très attendu à Marseille, le volumineux ouvrage de plus de 300 pages est terminé et selon nos informations, il devrait même sortir au tout début du mois d'avril.

Publié dans Articles de Presse

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