Andrew Cuomo, un démocrate lâché par les siens

Publié le par L'Echo par Ewa Kuczynski

Le président Joe Biden s'est exprimé ce mardi sur les accusations de harcèlement sexuel à l'encontre du gouverneur de l'État de New York. Une chute brutale pour Andrew Cuomo, qui persiste à tenir tête.

Les appels à la démission du gouverneur new-yorkais se multiplient depuis quelques semaines. ©REUTERS

Les appels à la démission du gouverneur new-yorkais se multiplient depuis quelques semaines. ©REUTERS

La série noire se poursuit pour Andrew Cuomo, qui est aujourd’hui au bord du gouffre. Jamais il n’avait essuyé pareille défaite depuis qu’il avait été élu pour la première fois en 2010. Les démocrates lui tournent un à un le dos, alors qu’il s’était imposé comme une figure marquante de la pandémie au printemps dernier.

Le président américain Joe Biden, ce mardi, lui a porté le coup de grâce. Interrogé par George Stephanopoulos, un journaliste de la chaîne américaine ABC News, Joe Biden a déclaré que le gouverneur de New York devrait démissionner si l’enquête venait à confirmer les accusations de harcèlement sexuel dont il fait l’objet. "Je pense qu'il sera alors probablement aussi poursuivi par la justice", a-t-il ajouté.

Des aveux à demi-mot

Depuis le mois de février,  huit femmes ont dénoncé des gestes et propos à connotation sexuelle,  dont une ancienne employée qui l’accuse d'avoir glissé sa main sous son chemisier en 2020. Plusieurs témoignages ont également été relayés par le Washington Post et la Wall Street Journal.

De son côté, Andrew Cuomo, âgé de 63 ans, nie certaines de ces allégations, mais concède avoir commis quelques "erreurs". Il a d’ailleurs présenté ses excuses à l’une des plaignantes, Charlotte Bennett, âgée de 25 ans. La jeune femme rapportait, fin février, des avances qui l’avaient mise mal à l’aise. Le gouverneur avait aussi accepté l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces faits.

Alors qu’il est à la tête de l’État de New York depuis 10 ans, Andrew Cuomo refuse pourtant de remettre sa démission, prétextant qu’il préfère attendre le compte rendu de l’enquête avant de tabler sur une décision.

Les démocrates font front commun

La situation semble néanmoins lui échapper. Pire encore, les leaders démocrates de l’État le lâchent un à un. Le 7 mars dernier, Andrea Stewart-Cousins, qui est à la tête du Sénat, s’était jointe à d’autres collègues pour réclamer sa démission. Quelques jours plus tard, Carl Heastie allait également dans ce sens.

Le 14 mars, la cheffe démocrate Nancy Pelosi invitait aussi Andrew Cuomo à se demander s'il était toujours "en mesure d'occuper son poste", sans aller jusqu'à réclamer sa démission. Andrew Cuomo avait alors persisté en répondant qu’il avait été "élu par le peuple de l’État de New York, et non par des politiciens".  

Des chiffres dissimulés?

La vapeur semble donc s’inverser pour le gouverneur qui, en mars 2020, s’était opposé à Donald Trump dans le cadre de sa stratégie de lutte pour endiguer la pandémie. Et pour cause... Le gouverneur est aussi soupçonné d’avoir volontairement dissimulé près de 4.000 morts survenues dans les maisons de retraite de l’État de New York, suite au coronavirus. Une enquête fédérale est aujourd’hui en cours pour faire la lumière sur ces accusations.

"Démissionnera, démissionnera pas", une chose n’en est pas moins certaine: le gouverneur tient tête, mais aujourd’hui, il se bat pour sa survie politique.

Publié dans Articles de Presse

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