Birmanie : Plusieurs dizaines de milliers de manifestants contre le coup d’Etat ce dimanche

Publié le par 20 Minutes avec AFP

OPPOSITION Comme la veille, près de 100.000 Birmans ont manifesté ce dimanche dans la capitale économique, Rangoun, malgré la pression policière et la censure.

 Manifestation contre le coup d'Etat en Birmanie, à Rangoun le 6 février 2020. — SOPA Images/SIPA

Manifestation contre le coup d'Etat en Birmanie, à Rangoun le 6 février 2020. — SOPA Images/SIPA

La contestation contre la prise du pouvoir par des militaires en Birmanie ne retombe pas. Plusieurs dizaines de milliers de Birmans et de Birmanes, peut-être 100.000 d’après certaines estimations, manifestaient ce dimanche à Rangoun contre le coup d’Etat du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. Des policiers antiémeutes ont été déployés en nombre près de l’université de Rangoun, où avait lieu la manifestation.

Il s’agit des plus grosses manifestations depuis la « Révolution de safran » de 2007, au cours de laquelle des dizaines de personnes avaient été tuées par les militaires. « Nous continuerons à nous rassembler jusqu’à ce que nous obtenions la démocratie. A bas la dictature », a déclaré Myo Win, un manifestant de 37 ans, sous un concert de coups de klaxons. « La dictature est enracinée dans notre pays depuis trop longtemps », a pour sa part déploré Myat Soe Kyaw, alors que la Birmanie a déjà vécu près de cinquante ans sous le joug de l’armée depuis son indépendance en 1948.

Samedi, plusieurs milliers de personnes s’étaient déjà réunies dans la capitale économique birmane, premier grand rassemblement depuis le putsch des militaires qui ont instauré l’état d’urgence pour un an, arrêté Aung San Suu Kyi ainsi que des dizaines de responsables politiques et des activistes. Des contestataires criaient : « Libérez Mother Suu », en référence à Aung San Suu Kyi. D’autres agitaient des drapeaux, aux couleurs de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et faisaient le salut à trois doigts, un geste de résistance.

La censure se poursuit

Les connexions Internet ont été partiellement restaurées dimanche après-midi après avoir été très perturbées, a fait savoir l’ONG NetBlocks. Et les rassemblements ont été retransmis en direct sur Facebook où les messages de soutien ont afflué du monde entier : « Vous êtes nos héros », « Respect aux manifestants », pouvait-on lire dans des publications envoyées de Singapour, du Japon ou des Etats-Unis. L’accès à Facebook, principal outil de communication pour des millions de Birmans, ainsi qu’à Twitter et Instagram ont été en partie rétablis.

Le pape François a exprimé ce dimanche sa « solidarité avec le peuple birman » et exhorté l’armée à œuvrer en faveur d’une « coexistence démocratique ». Aung San Suu Kyi, très critiquée il y a encore peu par la communauté internationale pour sa passivité dans la crise des Rohingyas, reste adulée dans son pays. Elle a été inculpée pour avoir enfreint une obscure règle commerciale et se trouve « assignée à résidence » dans la capitale Naypyidaw, « en bonne santé », d’après un porte-parole de la LND.

Publié dans Articles de Presse

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