Delphine Jubillar : son téléphone et son compte Facebook ont bien été réactivés

Publié le par Le Point par Émilie Trevert

Le portable de l’infirmière, disparue il y a près de deux mois, est resté actif quelques heures le 9 février, nous confirme le parquet. Une nouvelle piste pour les enquêteurs?

Pavillon des Jubillar, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.   © LYDIE LECARPENTIER/REA / REA POUR LE POINT

Pavillon des Jubillar, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. © LYDIE LECARPENTIER/REA / REA POUR LE POINT

«  Comment tu vas ? », « Où es-tu ? », « Reviens ! On s'en fout de tout ça ! »… Cédric Jubillar a écrit plusieurs messages de ce genre à sa femme, dans la soirée du 9 février. C'est l'une de ses cousines qui l'aurait alerté, vers 23 heures, d'une activité inhabituelle sur la messagerie Facebook de Delphine. « Les messages envoyés ont été vus mais il n'y a eu aucune réponse », nous précise, perplexe, Me Jean-Baptiste Alary, l'avocat de Cédric Jubillar.

L'événement a ravivé l'espoir chez les proches de cette mère de famille de 33 ans disparue depuis bientôt deux mois, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Certains ont tenté à leur tour d'envoyer un message à leur amie comme une bouteille à la mer. Mais rien, aucune réponse. Est-ce un mystère de plus dans cette affaire de disparition inquiétante, tout comme l'activation de son compte Facebook, le 13 janvier ? Ou, au contraire, une piste intéressante pour les enquêteurs ?

Cette fois-ci, il ne s'agit pas uniquement du réveil d'une page de réseau social ou de messagerie, mais de l'activation du téléphone de la jeune femme, celui-là même qui avait cessé de « borner » le 17 décembre au matin, à environ deux kilomètres de son domicile, et que les enquêteurs cherchent encore. L'information, publiée par ActuToulouse, nous a été confirmée par le parquet de Toulouse : « Il y a eu une réactivation du téléphone portable de la victime, notamment ses comptes Facebook et Messenger. » L'appareil aurait été actif pendant quelques heures, dans la soirée et dans la nuit du 9 février.

L'hypothèse avancée par certains avocats d'une activité de surveillance des enquêteurs serait donc à exclure. Est-ce une preuve de vie de l'infirmière ? Une tentative de piratage ? La manipulation d'un tiers ? « C'est à devenir fou ! Cela crée des ascenseurs émotionnels chez tous les proches de Delphine, pas que chez mon client, ils y croient, un espoir renaît et puis après, il y a trois semaines de silence… », constate Me Alary, qui regrette cette « fuite ». « Essayons de garder la tête froide dans cette affaire. »

« S'il s'agit bien du téléphone, c'est une vraie nouvelle ! se réjouit Me Philippe Pressecq, avocat de six proches de Delphine Jubillar. Cela peut laisser supposer qu'elle est vivante : A-t-elle disparu volontairement ? Est-elle séquestrée ? », s'interroge-t-il.

La piste d'un troisième homme étudiée

Si le téléphone a « borné », cela permettrait aux enquêteurs d'en savoir plus sur la localisation de son détenteur. Jusqu'ici, l'enquête était au point mort, et ce malgré d'importants moyens déployés par les gendarmes (drones, hélicoptères, plongeurs…). Des chiens renifleurs venus de Gramat (Lot) avaient perdu la trace de la mère de famille, à quelques dizaines de mètres de sa maison, à un croisement, devant un panneau « Stop ». De quoi laisser penser à certains qu'elle serait montée dans un véhicule. Avec qui ? Et pour aller où ?

Après deux perquisitions dans le pavillon des Jubillar – qui étaient en instance de divorce –, les scellés ont été levés mi-janvier, comme nous l'écrivions dans notre article publié le 2 février. Cédric Jubillar, le dernier adulte à avoir vu sa femme le soir de sa disparition, le 15 décembre, et qui fait, pour certains, figure de suspect idéal, « n'est pas en cause », nous indiquait le parquet de Toulouse, début février. D'ailleurs, aucune mise en examen n'a été, à ce jour, prononcée dans ce dossier instruit par deux magistrates toulousaines.

Me Alary espère l'audition prochaine de son client. « Ce que je souhaite, c'est qu'on lui accorde un statut : soit il est mis en cause, soit il est partie civile et on le laisse tranquille ! » Pour l'instant, le mari a juste été entendu comme témoin par les gendarmes, en tant que signalant de la disparition. Un temps suspecté, un homme habitant Montauban, avec lequel Delphine Jubillar entretenait une relation sur Internet, a lui aussi été entendu. Il aurait mis les enquêteurs sur la voie d'un troisième homme qui, apprenant la séparation en cours du couple Jubillar, aurait eu une attitude insistante envers Delphine. Mais ces pistes n'ont pas été fructueuses.

Publié dans Articles de Presse

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