Décès de la Suédoise Gunnel Lindblom, actrice chère à Bergman, à l'âge de 89 ans

Publié le par Le Figaro

DISPARITION - Repérée par le maître suédois en 1956, elle a ensuite joué dans une demi-douzaine de ses chefs-d’œuvre, dont Le Septième Sceau (1957) et Scènes de la vie conjugale (1973).

Gunnel Lindblom, tout à gauche, lors d'une conférence de presse à Paris, en 1959, avec Jeanne Moreau, à sa droite et Ingmar Bergman STF / AFP

Gunnel Lindblom, tout à gauche, lors d'une conférence de presse à Paris, en 1959, avec Jeanne Moreau, à sa droite et Ingmar Bergman STF / AFP

Décédée le 24 janvier, Gunnel Lindblom était une figure de la culture en Suède. Née en 1931, dans une famille prolétaire, elle prend très tôt son destin en main. Employée de poste, elle s'inscrit à l'école d'art dramatique de la ville de Göteborg, où elle est acceptée en 1950. Elle apparaît dans Amour de Gustaf Molander deux ans plus tard, alors qu'elle n'a que 21 ans. Ingmar Bergman l'a fait monter sur les planches en 1954, après l'avoir engagée au Théâtre municipal de Malmö. Elle y reste jusqu'en 1959.

Collaboration d'une vie

Gunnel Lindblom a joué dans six films du maître suédois : Le Septième Sceau (1957), Les Fraises sauvages (1957), La Source (1960), Le Silence (1963), Les communiants (1963) et Scènes de la vie conjugale (1973). Leur collaboration ne s'arrête pas là, puisque Bergman l'engage dans deux films pour la télévision et lui donne un rôle au théâtre, dans son adaptation de Woyzeck de Büchner, en 1969. À ses côtés, elle apprend aussi la mise en scène, au Théâtre dramatique royal de Stockholm, que le réalisateur dirige de 1963 à 1966. Bergman n'est pas loin non plus quand il produit Paradis d'été (1977) et Sally et la liberté (1981), ses deux premiers films en tant que réalisatrice. Son mari, Sture Helander, fut, par ailleurs, le médecin de Bergman.

Une géante en Suède

Gunnel Lindblom a aussi su se débrouiller sans Bergman. Actrice, elle joue dans Brother Carl (1970) de Susan Sontag et est appelée pour apparaître dans Millenium (2009), le premier volet de la trilogie écrite par Stieg Larsson. Comédienne au Théâtre dramatique royal à partir de 1968, elle y joue des rôles principaux dans des pièces de Strindberg ou Ibsen. Elle met ensuite plusieurs pièces en scène, dont Oncle Vania de Tchekhov, pour cette scène nationale. Derrière la caméra, elle réalise des films pour la chaîne publique nationale SVT. En Suède, acteurs, dramaturges et personnalités du monde de la culture rendent hommage à cette «femme forte» et «déterminée à suivre sa propre voie».

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