Hubert Faure, l’avant-dernier survivant du commando Kieffer, est mort

Publié le par Le Monde avec AFP

Agé de 106 ans, il s’est éteint dans la nuit de vendredi à samedi, chez lui, à Paris. Il ne reste plus qu’un survivant du commando, Léon Gautier, 98 ans.

Hubert Faure, à Paris, le 8 avril 2014. JOEL SAGET / AFP

Hubert Faure, à Paris, le 8 avril 2014. JOEL SAGET / AFP

Il était l’avant-dernier survivant du commando Kieffer, qui avait débarqué en Normandie le 6 juin 1944. Hubert Faure est mort, samedi 17 avril, à l’âge de 106 ans, a annoncé le ministère des armées dans un communiqué.

Emmanuel Macron lui « exprime la reconnaissance de la nation et adresse à ses proches ainsi qu’aux commandos marines héritiers des Français du Jour J ses condoléances sincères, sa confiance et son amitié indéfectible », a annoncé l’Elysée dans un communiqué, saluant dans l’histoire d’Hubert Faure « une formidable leçon d’engagement et d’héroïsme. Elle est aussi un prodigieux exemple de résilience ».

« Héros de la “France libre”, Hubert Faure était de ces 177 Français du Jour J qui ont débarqué en Normandie, une poignée de braves dans l’armada de la liberté. En foulant le sable de Colleville-sur-Orne et de Ouistreham, ils incarnaient la France, ils étaient l’âme de notre nation », a précisé le communiqué. « Jusqu’au terme de son existence, il a continué à témoigner, à raconter et à rendre hommage à ses camarades morts au champ d’honneur », a en outre salué le ministère.

Selon le site de L’Essor de la gendarmerie nationale, Hubert Faure est mort dans la nuit de vendredi à samedi, chez lui, à Paris. Il ne reste plus qu’un survivant du commando, Léon Gautier, 98 ans.

Grand-croix de la Légion d’honneur

Fait prisonnier en juin 1940, Hubert Faure s’échappe et rejoint le rivage de l’Angleterre et les Forces françaises libres. Il intègre le 1er bataillon de fusiliers marins commandos du lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer. Le communiqué précise :

« Le 6 juin 1944, malgré des tirs nourris et une farouche résistance, ils sont à la hauteur des espérances et atteignent les objectifs assignés. Dans le bocage normand, face à la ténacité allemande, les fusiliers marins tiennent pendant des semaines. (…) Grand-croix de la Légion d’honneur, Hubert Faure reste un exemple des Français combattants qui, en embrassant la cause de la patrie, ont rendu son honneur à notre pays et lui ont permis de siéger à la table des vainqueurs. »

La ministre des armées, Florence Parly, et la ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, ont exprimé leur « profonde tristesse », adressant « à sa famille et à ses proches leurs sincères condoléances ».

Grand officier de la Légion d’honneur, Hubert Faure s’était vu remettre, en 2008, sa cravate de commandeur par l’amiral Philippe de Gaulle. Le 31 décembre, il avait été élevé à la dignité la plus haute, celle de grand-croix.

Lors du 75e anniversaire du Débarquement, le président, Emmanuel Macron, avait rendu un hommage appuyé aux « héros » français du commando Kieffer. « Ils n’étaient qu’une poignée, certes, mais une poignée de braves (…), un symbole ô combien puissant pour l’honneur de la France », avait salué le chef de l’Etat lors d’une cérémonie à Colleville-Montgomery.

Hommage tardif

C’est en ce lieu, à l’extrême flanc est des 80 kilomètres de plage où déferlèrent les Alliés qu’avait débarqué le bataillon, entraîné en Ecosse. Il déplora vingt-sept morts à la fin de la bataille de Normandie, à la fin d’août 1944, dont dix au soir du 6 juin.

Cependant, il aura fallu attendre soixante-quinze ans pour voir érigée la première statue du capitaine de frégate Philippe Kieffer (1899-1962), à Ouistreham, dans le Calvados.

Il faudra attendre aussi 1984 pour voir le président François Mitterrand leur rendre hommage pour la première fois à Ouistreham. Certains survivants n’ont cependant reçu la Légion d’honneur qu’en 2004, lors des cérémonies du 60e anniversaire du Débarquement, ce qui avait suscité la polémique.

Une unité des commandos de la marine nationale porte toujours le nom de Kieffer et le béret vert des commandos est porté couché à droite, le badge à gauche, à l’anglo-saxonne, un souvenir de la constitution de ces commandos en Ecosse en 1942.

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