Italie : L’officier espion avait des problèmes d’argent, selon son épouse

Publié le par 20 Minutes avec AFP

ESPIONNAGE Cet officier italien a été arrêté alors qu’il remettait des documents classifiés à un officier russe en échange de 5.000 euros 

Un homme est allé faire des courses à Rome, en Italie — Filippo MONTEFORTE / AFP

Un homme est allé faire des courses à Rome, en Italie — Filippo MONTEFORTE / AFP

Arrêté ce mardi pour espionnage au bénéfice de la Russie, l’officier italien n’arrivait pas à « faire face » à ses dépenses avec son salaire, a affirmé son épouse dans un entretien publié ce jeudi par le quotidien Il Corriere della Sera.

Son salaire de « 3.000 euros ne suffisait plus pour une famille avec 4 enfants, 4 chiens, (…) 1.200 euros de prêt immobilier à rembourser par mois », explique Claudia Carbonara, la femme de Walter Biot, arrêté alors qu’il remettait des documents classifiés à un officier russe en échange de 5.000 euros.

L’officier « avait besoin d’argent et cela se savait »

« Il était désespéré. Désespéré pour notre avenir et celui de nos enfants (…) Walter était en crise depuis quelque temps, il avait peur de ne plus réussir à faire face à toutes nos dépenses (…) A cause du Covid, nous nous sommes appauvris », tente de justifier cette psychothérapeute spécialisée dans les thérapies de couple lors d’une conversation téléphonique avec un journaliste du Corriere.

« Si seulement il m’en avait parlé, nous en aurions discuté ensemble, j’aurais essayé de le dissuader. Mais il a décidé tout seul (…) Je n’arrive pas à le joindre, je n’arrive même pas à lui trouver un avocat », précise-t-elle. Selon des témoignages recueillis par le Corriere auprès de ses collègues, Walter Biot, un capitaine de frégate âgé de 56 ans qui travaillait à l’état-major de la Défense à Rome, « avait besoin d’argent et cela se savait ».

« S’il s’est vraiment vendu il n’a pas d’excuses »

« Les Russes ont dû jouer sur ses faiblesses, sur ses problèmes personnels », selon un collègue qui le connaît bien, cité par le journal. « Ce qu’il a fait est très grave pour la sécurité du pays et de l’Otan, s’il s’est vraiment vendu il n’a pas d’excuses et il a ruiné sa vie. Il risque au moins 15 ans de prison », estime-t-il.

Walter Biot avait commencé sa carrière comme sous-officier dans la Marine, puis grâce aux concours internes était devenu capitaine de frégate, avant de passer à l’état-major de la marine où il s’occupait des relations avec la presse. De 2010 à 2015, il est au cabinet du ministre de la Défense, avant d’arriver à l’état-major de la Défense. Un autre de ses collègues cité par le Corriere n’en revient toujours pas : « C’est comme si on te disait qu’une personne en qui tu as confiance a commis un acte incroyable. Pour nous Walter était un ami sur lequel on n’avait aucun doute ».

Publié dans Articles de Presse

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