La généalogie du prince Philip Mountbatten

Publié le par La Revue française de Généalogie par Jean-Louis Beaucarnot

Le prince Philip, époux de la reine d'Angleterre depuis 1952, est mort ce vendredi 9 avril 2021, à l'âge de 99 ans à Windsor.

Le prince Philip, époux de la reine d'Angleterre depuis 1952, est mort ce vendredi 9 avril 2021, à l'âge de 99 ans à Windsor.

Lorsqu’on se penche sur son arbre généalogique, tout se complique très vite. D’abord son nom : Philip Mountbatten. Né à Corfou en 1921, fils d’un membre banni de la famille royale de Grèce – ce qui lui avait valu de grandir en France –, il étant descendant de Georges Ier, élu roi des Hellènes en 1863, lequel était fils du roi Christian IX de Danemark. De ce fait, il appartenait donc à la maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg, dont les ancêtres, déjà sur le trône de Danemark depuis le XVe siècle, avec le roi Christian Ier de Danemark, Norvège et Suède, qui était lui-même le fils d’un comte d’Oldenbourg, autre vieille lignée connue depuis d’un comte Engilmar d’Oldenbourg, né vers 1070.

C’est à l’heure de son mariage avec la fille du roi Georges VI d’Angleterre, que Philip avait, en se convertissant à la religion anglicane, renoncé à ses titres et prédicats royaux grecs et danois. Devenu sujet naturalisé britannique, il avait également abandonné son nom par trop teinté de germanisme – comme les Saxe-Cobourg l’avaient eux-mêmes fait pour devenir Windsor - et avait adopté le nom de famille de sa mère, née princesse de Battenberg, mais traduit en anglais sous la forme Mountbatten, tout en recevant, la veille de son mariage, le titre de duc d’Edimbourg (titre qui avait été créé en 1726, pour être donné à un fils d’un prince de Gammes, le futur roi George II). Son mariage, enfin, lui avait ipso facto valu d’être considéré comme prince consort.

Bien que seulement prince consort, le duc d’Édimbourg ne s’en trouvait pas pour autant avec, au plan généalogique, des quartiers éminemment plus brillants que ceux sa très gracieuse majesté d’épouse, laquelle, du côté maternel, n’avait pas d’ancêtres couronnés (sauf à remonter très loin), sa mère étant issue que de la grande noblesse britannique.

Il est en effet intéressant de comparer les deux généalogies du couple royal, toutes deux bien amorcées sur Wikipedia, celle d’Elizabeth et celle de Philip, avec pour seule petite tache les quartiers Battenberg, Maison issue d’une union illégitime du prince Alexandre de Hesse, avec une certaine Julia Hauke. Une maison à la destinée cependant brillante, puisque la mère de Philip, née Alice de Battenberg avait pour tante par alliance une des filles de la reine Victoria et pour cousine germaine la fille de cette dernière, devenue reine d’Espagne, pour avoir épousé le roi Alphonse XIII. Ainsi Philip cousinait de façon très proche avec la famille royale d’Espagne, tant avec l’ex-roi Juan-Carlos comme cousin issu de germain de son père, qu’avec la reine Sophie, comme cousin germain de son père. Une généalogie aux parentés innombrables et parfois très proches (ainsi, Philip descendait aussi de la famille impériale russe, son père était le cousin issu de germain du tsar Nicolas II).

Rien d’étonnant, puisque le duc d’Edimbourg avait pour arrière-grand-père le roi de Danemark Christian IX, que l’on a surnommé le « grand-père de l’Europe », face à sa contemporaine, la reine Victoria, que l’on disait « grand-mère de l’Europe », du fait que tous deux avaient établis leurs enfants et petits-enfants sur la plupart des trônes.

Résultat : Philip et Elizabeth cousinaient entre eux, pour tous deux descendre de ces deux « nœuds » généalogiques. Arrière-grand-père de Philip, Christian IX était l’arrière-arrière-grand-père d’Elizabeth, cousine donc de Philip au 7e degré, alors que Victoria étant leur arrière-arrière-grand-mère commune, les faisaient cousiner au 8e.

Des ancêtres royaux, majoritairement germaniques : Hohenzollern, Hesse, Bade, Saxe-Cobourg… Avec par les Hauke, des ancêtres au nom bien français : un Jean Lafontaine, français, dont on ignore les origines exacte, mais réputé né en France vers 1694 ; un homme fort simple – Huguenot réfugié ? – qui était le valet de chambre du baron de Bissingenet dont la descendance se fixera à Biberach, en Souabe, où elle avait su prendre l’ascenseur social.

Une généalogie prestigieuse, très présente sur les espaces généalogiques mais pas toujours très complète, avec un des meilleurs arbres mus en ligne sur Geneanet par un internaute ayant pour pseudonyme « Fantzel2 » et que l’on pourra consulter sur 16 générations (pour 121 proposées).

Une généalogie royale classique, conduisant à Saint-Louis, Louis VI-le-Gros, Guillaume-le-Conquérant et plus avant vers Charlemagne, Attila et le désormais classique Mahomet…

Un arbre généalogique dans lequel le premier ancêtre français apparaît donc à la 8e génération, en la personne de ce Lafontaine, suivi à la 10e par une Espérance du Puy-Montbrun et par la fameuse Éléonore d’Olbreuse, bien connue des généalogistes pour faire cousiner le président socialiste François Mitterrand avec tout le Gotha.

Voici encore les Rohan et les Coligny, à la 12e génération, avant que n’arrive à la 13e une princesse de Bourbon (Charlotte de Bourbon-Montpensier, épouse de Guillaume Ier d’Orange-Nassau) et avec à la 16e génération un premier roi français pour ancêtre, en la personne de notre roi Charles VII.

Une généalogie comme aucun prince consort n’en a plus…

Publié dans Articles de Presse

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