PORTRAIT. Qui était Bernard Madoff, plus grand escroc de l’histoire de la finance ?

Publié le par Ouest-France Valentin Davodeau avec AFP

Bernard Madoff est mort à l’âge de 82 ans. Escroc d’envergure, il avait bâti tout un système sur une fraude pyramidale « à la Ponzi », qui lui a valu une condamnation à 150 ans de prison.

Bernard Madoff quitte le palais de justice de Manhattan, à New York, le 14 janvier 2009. | BRENDAN MCDERMID/REUTERS

Bernard Madoff quitte le palais de justice de Manhattan, à New York, le 14 janvier 2009. | BRENDAN MCDERMID/REUTERS

Son escroquerie colossale s’était écroulée après la crise financière, fin 2008. Bernard Madoff, surnommé « Bernie », est l’auteur de la plus grande escroquerie financière de l’histoire, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Il est mort à 82 ans dans le pénitencier de Caroline du Nord (États-Unis), où il purgeait une peine de 150 ans de prison, a indiqué ce mercredi 14 avril un porte-parole de la prison.

« Bernard Madoff laisse une image ambiguë au sein de la population américaine. Il a été perçu au départ comme un homme ayant réussi dans la finance en escroquant quelques milliers [de riches] américains. Mais quand on s’est aperçu que des gens avec des petites retraites étaient aussi touchés, son image de Robin des bois a pâli », explique Romain Gubert, journaliste au Point et auteur du livre Et surtout n’en parlez à personne : au cœur du gang Madoff.

Issu d’une famille juive modeste du quartier new-yorkais du Queens, Bernard Madoff a fondé une société de courtage alors qu’il était encore à l’université, à la fin des années 1950.

Une nouvelle génération de financiers

Il incarnait une nouvelle génération de financiers, plus modernes, qui capitalisaient sur le développement de l’informatique. Devenu une figure de Wall Street, il a offert, en plus des services de courtage (vente et achat de titres pour le compte de clients), un véhicule d’investissement, devenu rapidement un succès.

Un nombre croissant d’investisseurs institutionnels, mais aussi de particuliers fortunés, lui ont confié des milliards de dollars en gestion, séduits par la promesse d’un rendement élevé et surtout stable, dans un univers de la finance par définition imprévisible.

Sa fraude pyramidale « à la Ponzi », révélée en décembre 2008, consistait à piocher dans les dépôts de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des investisseurs plus anciens.

Plus de 17 milliards réclamés

Les sommes réclamées par les investisseurs qui ont saisi la justice après l’éclatement du scandale atteignaient plus de 17 milliards de dollars. En incluant les profits vantés par Bernard Madoff, qui se sont révélés virtuels, les pertes se montent à 65 milliards de dollars.

« Son surnom de « plus grand escroc de l’histoire de la finance » n’était pas usurpé. Une telle fraude, à de tels montants, serait impossible aujourd’hui, car des garde-fous ont été mis en place », poursuit Romain Gubert.

Le fonds de recouvrement destiné à l’indemnisation des victimes de cette escroquerie sans précédent a reversé, jusqu’à aujourd’hui, environ 2,7 milliards de dollars.

En 2020, Bernard Madoff avait demandé sa libération anticipée pour raisons médicales, laquelle lui avait été refusée en juin. Il disait être en phase terminale d’une maladie rénale et n’avoir plus que 18 mois à vivre. La cause de son décès n’a pas été communiquée.

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