Saint-Malo. Une cérémonie en hommage aux victimes et héros de la Déportation

Publié le par Ouest-France par Brigitte Saverat-Guillard

Dimanche 25 avril, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) s’est recueillie en souvenir des victimes et héros de la Déportation. Une très belle cérémonie.

Cérémonie du souvenir en hommage aux victimes et héros de la Déportation. | OUEST-FRANCE

Cérémonie du souvenir en hommage aux victimes et héros de la Déportation. | OUEST-FRANCE

C’est un « corps humain sans bras, dressé dans une position de souffrance et de supplication ». Une silhouette torturée, aux « deux cavités qui évoquent les orbites d’un mort ». Les mots de Gilles Lurton, maire de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), sont forts, prononcés au pied du monument inauguré le 18 juin 1962, enclos de la Résistance.

Ce dimanche 25 avril, Covid oblige, la cérémonie en souvenir des victimes et des héros de la Déportation s’est déroulée en petit comité. Mais le maire n’oublie pas « les familles de déportés de Saint-Malo qui, traditionnellement se rassemblent ici, en ce jour de commémoration ».

« Je reste proche d’eux »

Le maire, Gilles Lurton, n’oublie pas non plus Roland Mazurié des Garennes, disparu le samedi 17 avril et qui, chaque année, « égrenait inlassablement les noms de tous ces déportés malouins morts en déportation », des noms « qui résonnent encore à nos oreilles ». Les consignes sanitaires éloignent aussi anciens combattants et porte-drapeaux dont seul l’un d’entre eux assiste à la cérémonie, « je veux leur dire combien je reste proche d’eux », souligne Gilles Lurton.

L’émotion est palpable. Sous la stèle avaient été déposées « deux urnes, celle des cendres des martyrs, prélevée dans la terre de Buchenwald et une seconde, provenant du camp de Dachau », poursuit le maire. Gilles Lurton évoque « la souffrance et le martyr de ces millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui périrent dans les camps ». La « folie nazie, […] capable du pire contre ses semblables ».

Certains sont revenus. Gilles Lurton évoque Simone Veil qui, « avec sa maman et sa sœur, a vécu l’enfer d’Auschwitz et de Bergen Belsen ». À son retour en France, la jeune femme « se sent isolée. Nous souhaitions parler mais personne ne voulait nous entendre », poursuit Gilles Lurton. Le maire convoque alors Paul Éluard, « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons ».

Roland Mazurié des Garennes était attaché au protocole, ont rappelé, dans les hommages qui ont suivi son décès, ses amis et anciens élus. Il a été suivi à la lettre, ce dimanche 25 avril. S’offrant de longues et belles minutes de recueillement, accompagnées du Chant des partisans puis du Chant des marais.

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