Se souvenir de la déportation des Vendômois

Publié le par La Nouvelle République

Se souvenir de la déportation des Vendômois

Gisèle Bruggemann, vendômoise secrétaire de l’association départementale des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD41), présente hier lors de la commémoration (voir par ailleurs) avec la présidente Chantal Calles, également vendômoise, relaie le témoignage de Dominique Orlowski, auteure d’un livre sur Buchenwald, passeuse de mémoire et chevalier de la Légion d’honneur. « En 1940, son père a 19 ans. Il est typographe, engagé syndicalement et politiquement. Au début, ce ne sont que des petits sabotages : sucre dans les réservoirs à essence, inversion de panneaux indicateurs. Puis ils impriment des tracts qu’ils distribuent sur le marché. Arrêté en octobre 1940, il s’évade et reprend ses activités clandestines. Il travaille à la constitution du groupe de Résistance Valmy. Imprimeur de formation, il rédige des imprimés pour la zone libre. Arrêté une seconde fois en 1942, il est livré à la SS qui le détient au fort de Romainville et l’envoie au camp de Royallieu à Compiègne. Le 13 décembre 1943, il est dans un train en partance pour Buchenwald, sans eau, sans possibilité de se mouvoir. À l’arrivée en cet hiver 1943, il y a de la neige à Buchenwald, les SS tapent avec leur matraque… Il est dépouillé de ses vêtements, rasé, plongé dans un bain désinfectant avant de recevoir un numéro de matricule. »

Gisèle Bruggemann tient à évoquer un aspect moins connu de la détention : « Il se forme dans ce camp, une armée clandestine. Certains détenus sont affectés dans une usine près du camp à la fabrication de fusils. Au péril de leur vie, ils rapportent morceau par morceau des pièces qui seront montées et utilisées le 11 avril 1945. C’est à cette date effectivement que les chars du général Patton libérèrent le camp de Buchenwald avec le concours des prisonniers tirant sur leurs gardiens. Le père de Dominique Orlowski est rentré en France le 8 mai 1945. Il ne pesait plus qu’une trentaine de kilos. Il a retrouvé ses parents et a repris une vie en apparence normale mais sa fille se souvient de ses cauchemars, de ses cris la nuit. Et de ses pleurs lors de certaines cérémonies. »

Présidente départementale depuis 2007, Chantal Calles qui habite à Naveil et dont le père a été déporté, invite les enfants et petits-enfants de déportés à se rapprocher de l’association AFMD41, « Pour que la mémoire reste. » 

Publié dans Articles de Presse

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