Tout juste réélu, le président tchadien Idriss Déby est mort « sur le champ de bataille »

Publié le par L'Obs avec AFP

Au pouvoir depuis 1990, le dirigeant de 68 ans venait d’être réélu pour un sixième mandat. Un conseil militaire dirigé par son fils lui succède, en attendant de nouvelles élections.

Le président tchadien Idriss Déby lors d’une réunion du G5 Sahel, le 30 juin 2020. (Ludovic Marin/AP/SIPA)

Le président tchadien Idriss Déby lors d’une réunion du G5 Sahel, le 30 juin 2020. (Ludovic Marin/AP/SIPA)

Le président tchadien Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis trente ans, est décédé mardi 20 avril des suites de blessures reçues alors qu’il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le nord du pays durant le week-end, a annoncé le porte-parole sur la télévision d’Etat.

Le chef de l’Etat, à peine réélu pour un sixième mandat, « vient de donner son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad », a déclaré le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de TV Tchad.

« Un conseil militaire a été en mis en place, dirigé par son fils, le général Mahamat Idriss Déby Itno », a déclaré Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de la radio nationale. « Le conseil s’est aussitôt réuni et a promulgué la charte de transition », sans préciser ce que cela signifiait.

A l’annonce du décès du président, l’armée a instauré un couvre-feu et ordonné la fermeture des frontières. Elle a aussi dissous l’Assemblée nationale et le gouvernement et promis des élections « démocratiques » après une transition de dix-huit mois.

Blessé au combat ce week-end

Idriss Déby, militaire de carrière qui s’est emparé du pouvoir en 1990 à l’issue d’un coup d’Etat, promu au rang de maréchal en août 2020, venait d’être réélu à 68 ans pour un mandat de six ans avec 79,32 % des suffrages exprimés, selon des résultats provisoires énoncés lundi soir par l’instance électorale nationale.

Des ministres et des officiers de hauts rangs avaient indiqué lundi que le chef de l’Etat s’était rendu samedi et dimanche sur le front opposant son armée à une colonne de rebelles qui avait lancé une offensive à partir de bases arrières en Libye le jour du scrutin, le 11 avril, rappelle l’AFP.

Les rebelles, que l’armée a assuré avoir défaits dans les combats, avaient affirmé dans un communiqué qu’Idriss Déby avait été blessé, mais l’information n’avait pas été confirmée de source officielle.

Episodes de rébellions

L’histoire du Tchad indépendant est ponctuée d’épisodes de rébellions armées venues du Nord, de la Libye ou du Soudan voisin. Idriss Déby était lui-même arrivé au pouvoir en 1990 à la tête de forces rebelles ayant foncé sur N’Djamena.

Une fois au pouvoir, il avait placé les hommes et femmes de sa famille, de son clan et de sa tribu des Zaghawas à la tête des différentes unités de l’armée mais aussi des grandes institutions et des principaux rouages de l’économie.

Le régime d’Idriss Déby était considéré par les Occidentaux, en particulier la France, l’ancienne puissance coloniale, comme un partenaire essentiel dans la guerre contre les djihadistes au Sahel. Le Tchad, enclavé entre des Etats faillis tels que la Libye, le Soudan et la Centrafrique, est un contributeur de poids en soldats et armements dans ce conflit.

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