Biélorussie : Loukachenko accuse la communauté internationale d'avoir franchi des "lignes rouges"

Publié le par LCI par CQ

DIPLOMATIE - Après la riposte internationale à l'encontre du régime biélorusse, le président Loukachenko hausse le ton et affirme avoir agi "légalement" en déroutant l'avion dans lequel se trouvait le jeune opposant Roman Protassevitch dimanche.

SERGEI GAPON / AFP

SERGEI GAPON / AFP

Malgré les sanctions européennes adoptées mardi par les 27, Alexandre Loukachenko ne se rétracte pas. Depuis le déroutage dimanche d'un vol commercial sous prétexte d'une alerte à la bombe et permettant l'arrestation d'un journaliste opposant, la Biélorussie est sous le feu des critiques de la communauté internationale. "J'ai agi légalement en protégeant les gens", a martelé ce mercredi 26 mai le président, réélu en 2020 dans des conditions douteuses selon l'Union européenne, rejetant l'accusation d'avoir détourné le vol pour le forcer à atterrir à Minsk. 

La "caution" russe critiquée par Paris

Dans des propos relayés par l'agence d'État Belta, Alexandre Loukachenko s'en est pris aux dirigeants occidentaux, ses "adversaires de l'étranger et à l'intérieur du pays" qui "ont changé leurs méthodes pour attaquer notre État". Selon l'homme fort de Minsk, ses détracteurs "ont franchi une multitude de lignes rouges, dépassant les limites de l'entendement et de la morale humaine". 

Reste que dans cette affaire qui l'isole un peu plus sur la scène internationale, la Biélorussie peut compter sur le soutien implicite de son allié russe, de qui elle s'est fortement rapprochée depuis la campagne électorale de 2020. Sur ce sujet, Paris a critiqué la position de Vladimir Poutine, estimant que "l'absence de réaction de la Russie vaut caution". Sortant de son silence, le Kremlin a dit regretter la recommandation faite par l'Union européenne à ses compagnies d'éviter l'espace aérien biélorusse pour punir le régime de Loukachenko

La Biélorussie va être condamnée à l'isolement- Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères

Invité de France 2 mardi soir, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, a jugé que "si d'aventure le président Poutine voulait se démarquer du président Loukachenko, il le dirait". Et de faire valoir : "Au contraire, il semble bien qu'on banalise (en Russie, ndlr) cet événement qui est un événement très grave." 

Le chef de la diplomatie française a également prévenu que ce genre d'attitude ne serait pas favorable à Moscou : "Je ne suis pas sûr qu'avec ce qui vient de se passer au Bélarus, le président Poutine arrive en position de force" au sommet avec le président américain Joe Biden, le 16 juin prochain. Jean-Yves Le Drian s'est en revanche dit "pas convaincu" de la présence d'agents des services russes à bord de l'appareil. "C'est l'enquête qui le dira", a-t-il simplement avancé. 

Interrogé sur les sanctions adoptées par l'Union européenne, le ministre a assuré : "Quand on touche au portefeuille ça marche toujours (...) La Biélorussie va être condamnée à l'isolement. C'est difficile pour elle." Mardi, l'UE a décidé de la fermeture de son espace aérien aux avions de la Biélorussie. Mais dès lundi, on pouvait distinguer sur les images des vols au-dessus du continent européen, l'ensemble des avions contourner soigneusement le pays. 

Publié dans Articles de Presse

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