Décès de Michel Fourniret : "Il va partir en enfer sans avoir expié toutes ses cruautés", estime l'avocat d'une victime potentielle

Publié le par La Dépêche du Midi par Baptiste Gay et Frédéric Abela

Après l'annonce du décès de Michel Fourniret, Me George Catala, avocat des parents de Marion Wagon, disparue à Agen en 1996, considère que le tueur en série "va partir en enfer sans avoir expié toutes ses cruautés". Selon lui, "la possibilité existait que ce soit lui".  

Pour l'avocat des parents de Marion Wagon, disparue en 1996, Michel Fourniret est mort "sans avoir eu à répondre à un certains nombre de dossiers". / DDM - Jean-Michel Mazet

Pour l'avocat des parents de Marion Wagon, disparue en 1996, Michel Fourniret est mort "sans avoir eu à répondre à un certains nombre de dossiers". / DDM - Jean-Michel Mazet

Quels sentiments vous ont envahi à l'annonce du décès de Michel Fourniret ?

Je sais qu'il va partir en enfer sans avoir expié toutes les cruautés qu'il a perpétrées. Et surtout sans avoir eu à répondre à un certain nombre de dossiers analogues à ceux pour lesquels il a été déjà poursuivi.

Parmi les éléments sur lesquels il ne se sera pas prononcé, il y a bien évidemment l'affaire de la petite Marion Wagon enlevée à Agen. La possibilité existait que ce soit lui. Les choses ne pouvaient se faire qu'à partir de l'ADN des uns et des autres.

On a soulevé récemment la difficulté inhérente à l'absence de l'ADN de Marion dans le dossier. C'est vrai que la disparition de Michel Fourniret va poser des problèmes.

Cette piste Michel Fourniret dans l'affaire Marion Wagon vous paraissait vraiment plausible ?

On compte depuis 25 ans sur quelque chose qui peut nous permettre de penser rationnellement l'enlèvement de la petite Marion. La piste Fourniret était suffisamment crédible pour qu'on se plonge dedans, au moins pour tenter de refermer une porte.

Le souci, c'est qu'on réagit avec quinze ans de retard. On dispose de l'ADN de Fourniret depuis 2003-2005, si on avait pu le comparer à celui de Marion Wagon, cela aurait accéléré les choses. Nous avons beaucoup d'amertume.

Parce que vous ne disposiez jusqu'ici que de l'ADN des parents de Marion Wagon ?

Oui, c'est bien là le problème, on sait combien cela était insuffisant pour croiser les éléments, quand on dispose d'un ADN incomplet. Vingt-cinq ans après, en essayant de retrouver l'ADN de Marion grâce à ses vêtements, on espérait à nouveau, même si tout cela paraissait bien compromis. Nous n'aurons pas eu le temps de le savoir.

Avez-vous eu les parents de Marion Wagon depuis l'annonce de la mort de Michel Fourniret ?

Non, je n'ai pas encore eu le temps (Maître Georges Catala plaidait ce lundi en cour d'assises, NDLR), mais vous savez, ils sont arrêtés à la station cauchemar depuis bien longtemps. On peut comprendre qu'ils souffrent et qu'ils vont encore souffrir à l'idée que ce soit cet espèce de fumier ou un autre du même type qui soit à l'origine de l'enlèvement de leur fille. 

Toulouse : deux autres dossiers pourraient être liés à Michel Fourniret

Près de Toulouse, deux autres dossiers pourraient être liés à Michel Fourniret. Celui de Corinne Lazzari, 29 ans, aide-soignante à la clinique d’Occitanie à Muret. Elle est portée disparue depuis le 2 mars 1992. Sa voiture avait été retrouvée fermée à clef, sac et papiers d’identité sur le siège, sur un chemin bordant la nationale 117 à Labarthe-Inard. Une femme l’a vu monter à bord d’une Peugeot. Puis plus rien.

L’autre victime potentielle de Michel Fourniret est Emmanuelle Sanchez, une coiffeuse de 24 ans, disparue le 27 mai 2001 à Colomiers. Elle vivait seule dans un appartement à côté du salon de coiffure où elle travaillait. Elle s’est comme volatilisée. Elle n’a emporté aucun effet personnel avec elle.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article