"Il y a d'autres victimes": après la mort de Michel Fourniret, le père d'Estelle Mouzin dénonce un "fiasco" judiciaire

Publié le par BFMTV par Hugo Septier Journaliste BFMTV

Pour Éric Mouzin, "l'important est que les informations qu'il a données (aient) pu être exploitées."

"Il y a d'autres victimes": après la mort de Michel Fourniret, le père d'Estelle Mouzin dénonce un "fiasco" judiciaire

Quelques heures après l'annonce de la mort à l'âge de 79 ans de Michel Fourniret, les réactions se succèdent. Ce lundi en début de soirée, c'est Éric Mouzin qui a pris la parole, le père d'Estelle, une des victimes du tueur en série, enlevée et tuée en 1997 à Guermantes, en Seine-et-Marne. Pour lui, cette mort était "prévisible" puisque "depuis plusieurs mois, son état de santé s'était dégradée", mais que "l'important est que les informations qu'il a données ont pu être exploitées."

Toutefois, ce dernier a souligné que la disparition n'était pas un soulagement pour lui et sa famille.

    "Pas du tout. C'est surtout un symbole de l'instruction défaillante de ce dossier depuis son arrestation en 2003 et sa remise à la France en 2004. Depuis, il n'y a eu aucune intervention efficace pour retracer son parcours criminel. Il écrit au tribunal de Charleville-Mézières pour être jugé dans l'affaire Mouzin, mais aucune suite n'a été donnée. Les enquêteurs ont été promenés par lui, c'est incroyable de lire les PV d'audition, on accorde du crédit à cet individu dont la perversité et la complexité n'ont jamais été cernés," analyse-t-il.

Poursuivre les investigations

Pour lui, la mort de Michel Fourniret est "anecdotique", un "non-événement significatif de l'absence d'efficacité des moyens d'investigation depuis 2003. C'est un véritable fiasco et il est la preuve et la matérialité de ce fiasco." En outre, Éric Mouzin estime que les investigations doivent se poursuivre malgré tout.

    "La famille Mouzin n’est pas la seule à être dans l’attente, il y a de nombreuses familles dans l’attente. La mise en évidence de nouvelles traces ADN sur des éléments dans la maison de sa sœur amènent à penser qu’il y a d’autres victimes, il faut faire les analyses ADN et retrouver les identités", conclut-il.

Autopsie

Atteint de problèmes cognitifs et cardiaques, le tueur en série Michel Fourniret, âgé de 79 ans, est décédé lundi, réduisant à néant les espoirs de plusieurs familles de disparues de le voir comparaître devant la justice.

Le septuagénaire, qui purgeait déjà deux peines de prison à perpétuité pour le meurtre de huit personnes, "est mort lundi à 15h à l'Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière à Paris", a annoncé le procureur de Paris Rémy Heitz.

Une enquête a été ouverte pour "recherches des causes de la mort", confiée au 3e district de police judiciaire, a précisé le procureur.

Cette ouverture d'enquête est une pratique systématique dans le cadre d'un décès en milieu pénitentiaire, selon une source proche du dossier. Une autopsie doit être pratiquée dans ce cadre.

Publié dans Articles de Presse

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