Michel Duru, ancien résistant et directeur du musée de la Résistance de Blois, est mort

Publié le par France 3 Centre Val de Loire par Thomas Hermans

Michel Duru, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, est mort à l'âge de 95 ans. En 1944, il participe à la libération du Loir-et-Cher, avant de co-fonder 50 ans plus tard le musée de la Résistance de Blois.

 Michel Duru. • © Ville de Blois/Thierry Bourgoin

Michel Duru. • © Ville de Blois/Thierry Bourgoin

Il n'avait que 16 ans lorsqu'il est entré dans la Résistance, espionnant des cadres de la Gestapo du Loir-et-Cher. Michel Duru, ancien résistant, est mort ce mercredi 26 mai, à l'âge de 95 ans, a annoncé la mairie de Blois. Figure locale, il avait participé à la fondation du musée de la Résistance blésois en 1995, avant d'en être le directeur entre 2000 et 2008.

Il passe la première moitié de l'Occupation dans un internat privé, bercé par la propagande des fidèles du maréchal Pétain. En juillet 1943, de retour à Blois et âgé de 17 ans, il est initié à la Résistance par un agriculteur, engagé au Parti communiste. Six mois plus tard, il est présenté au chef des résistants du pays de La Chaussée-Saint-Victor, village tout proche de Blois. "J'avais très envie de participer à une aventure", raconte-t-il dans un documentaire, publié sur le site "Les Résistances", initié par France 3, l'Ina et les production Kien. 

D'espion à combattant

L'aventure de Michel Duru commence par de petits renseignements : coup du sort, sa maison est située juste en face de celle d'un architecte, proche de cadres de la Gestapo du Loir-et-Cher, dont il se charge de rapporter les visites aux réseaux clandestins. 

Il participe ensuite à la libération de La Chaussée et de Blois en août 1944 avec les Forces françaises de l'intérieur sous les ordres du commandant Judes. Avant de défiler, le 18 juin 1945, sur les Champs-Elysées dans les rangs de la Nouvelle armée française.

50 ans plus tard, retraité de la métallurgie et de la vente, il co-fonde le musée de la Résistance de Blois, qu'il dirige entre 2000 et 2008. En 2019, il avait participé à l'inauguration de la nouvelle forme du musée, rebaptisé pour l'occasion Centre de la Résistance, de la déportation et de la mémoire. 

Ordre national du mérite, mais pas de Légion d'honneur

Il y a seulement un mois et demi, Michel Duru était décoré de l'Ordre national du mérite, venu récompenser "son parcours exemplaire", a réagi le maire de Blois Marc Gricourt sur le site de la ville. "J’avais, à titre personnel, tissé une relation amicale de proximité avec Michel Duru", ajoute-t-il, saluant son désir de "« combattre l’oubli » et de transmettre aux jeunes générations le devoir de mémoire". 

En décembre 2019, Marc Gricourt avait d'ailleurs soumis le nom de Michel Duru au ministère des Armées, pour qu'il soit décoré de la Légion d'honneur. Après examen du dossier, le ministère avait refusé la requête. "Il ressort de l’étude du dossier de Monsieur Duru qu’il s’est engagé le 15 août 1944 et a été radié des cadres le 7 décembre 1945. Cela signifie qu’il a effectué mois d’un an et demi de services militaires actifs, non assortis de fait de guerre. Il n’est blessé ni cité au cours de sa carrière militaire", avait alors expliqué le cabinet de la secrétaire d'État Geneviève Darrieussecq.

"C'est décourageant, décevant et ça nous interroge", avait commenté le maire de Blois.

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