Michel Fourniret, tueur en série condamné à de multiples reprises, est mort

Publié le par Le Monde

En 2008, il avait été condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes, commis entre 1987 et 2001, avant d’être à nouveau condamné à la perpétuité en 2018 pour un assassinat crapuleux.

Michel Fourniret lors de son arrivée au tribunal de Charleville-Mézières, le 29 mai 2008. ALAIN JULIEN / AFP

Michel Fourniret lors de son arrivée au tribunal de Charleville-Mézières, le 29 mai 2008. ALAIN JULIEN / AFP

Il avait été condamné deux fois à la perpétuité pour plusieurs assassinats. Le tueur en série Michel Fourniret, surnommé « l’ogre des Ardennes », est mort lundi 10 mai à l’âge de 79 ans, a annoncé le procureur de Paris, Rémy Heitz, à l’Agence France-Presse (AFP).

Il « est mort lundi à 15 heures à l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière à Paris », a précisé Rémy Heitz. Michel Fourniret, qui souffrait de problèmes cardiaques et de la maladie d’Alzheimer, était hospitalisé depuis le 28 avril dans cette unité dépendante du centre pénitentiaire de Fresnes. « Une enquête a été ouverte pour “recherches des causes de la mort”, confiée au 3e district de police judiciaire », a ajouté le procureur. Cette ouverture d’enquête est une pratique systématique en cas de décès en milieu pénitentiaire, et une autopsie doit être pratiquée dans ce cadre, selon une source proche du dossier.

Série de meurtres

Né le 4 avril 1942 à Sedan (Ardennes), Michel Fourniret, marié trois fois et père de cinq enfants, se serait peu à peu transformé en prédateur sexuel après avoir découvert que sa première épouse n’était pas vierge. De son propre aveu, l’ajusteur et dessinateur en mécanique, père de famille discret le jour, se serait alors mué en « braconnier » à ses heures sombres.

Il est d’abord condamné à trois reprises, en 1967, 1984 et 1987, pour une douzaine d’agressions sexuelles. A sa sortie de prison, en 1987, il s’installe avec Monique Olivier, sa troisième épouse, rencontrée en détention par petite annonce et dont il fait sa complice.

Leur équipée s’achève en 2003 quand Michel Fourniret est arrêté en Belgique après un enlèvement raté. En 2004 et 2005, Monique Olivier craque et révèle aux enquêteurs onze meurtres, dont sept commis entre 1987 et 2001.

Michel Fourniret avait été déclaré coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001 et condamné à la perpétuité incompressible. Il avait de nouveau été condamné à perpétuité en 2018 pour un assassinat crapuleux lié au trésor du « gang des postiches », qui avait écumé les banques parisiennes entre 1981 à 1986 et amassé un butin faramineux.

Problèmes de mémoire

Celui dont les déclarations alambiquées et les problèmes de mémoire ont compliqué la tâche des enquêteurs, a été mis en examen en novembre 2019 pour la mort d’Estelle Mouzin, une fillette de 9 ans disparue en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), et dont le corps n’a pas été retrouvé à ce jour malgré d’intenses fouilles menées récemment dans les Ardennes. Il avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité. Son ex-épouse a été mise en examen pour complicité dans cette même affaire.

Outre cette affaire, il était encore mis en examen pour les disparitions de Marie-Angèle Domece et Joanna Parrish. Deux meurtres qu’il avait avoués devant la juge d’instruction parisienne Sabine Khéris. Depuis décembre, il était aussi mis en examen pour la disparition de Lydie Logé, une jeune femme de 29 ans disparue en 1993 dans l’Orne.

« C’est à la fois un sentiment de colère devant tant d’années d’inaction », a déclaré à l’AFP Me Didier Seban, avocat de plusieurs familles de disparues, dont celle d’Estelle Mouzin, soulignant que dans les affaires où il était encore mis en examen, il n’y aurait « pas de procès » et « pas de possibilité d’avoir les réponses attendues ».

« Grâce à l’action de la juge d’instruction Sabine Kheris et des enquêteurs, on sait maintenant ce qui est arrivé à Estelle, mais pour d’autres familles c’est sans doute trop tard », a-t-il ajouté, appelant la justice à changer de « paradigme » pour enquêter sur les « cold cases », les affaires classées.

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