Michel Fourniret, tueur en série condamné pour huit meurtres, est décédé

Publié le par 220 Minutes par Vincent Vantighem

MORT Agé de 79 ans, « l’Ogre des Ardennes » avait été admis en urgence à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière il y a quelques jours 

 Le tueur en série Michel Fourniret est décédé. — 20 Minutes

Le tueur en série Michel Fourniret est décédé. — 20 Minutes

  • Michel Fourniret est mort ce lundi à Paris.
  • Condamné pour le meurtre de huit jeunes femmes ou adolescentes, mis en examen pour la disparation de quatre autres, dont Estelle Mouzin, il souffrait de multiples pathologies.
  • Sa mort survient alors que la juge Sabine Khéris n’a jamais semblé aussi proche de découvrir l’endroit où la fillette a été ensevelie.

Il y a quelques semaines encore, l’un de ses proches résumait la situation brutalement : « Il n’est pas touché par un mal dont on se remet… » Le tueur en série Michel Fourniret est décédé, ce lundi vers 15 h, a appris 20 Minutes auprès de sources concordantes. Agé de 79 ans, « l’Ogre des Ardennes » avait été admis, en urgence, à l'unité hospitalière sécurisée interrégionale de la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e), le 28 avril, et placé dans le coma. Son pronostic vital étant engagé, un protocole de fin de vie avait été mis en place.

Dans un communiqué, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a confirmé le décès et indiqué qu’une enquête pour rechercher les causes de la mort avait été ouverte. Confiée au 3e district de police judiciaire, cette procédure automatique ne semble être qu’une formalité, le décès étant vraisemblablement dû aux multiples pathologies dont souffrait le tueur en série. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour la mort de huit jeunes femmes ou adolescentes, Michel Fourniret était atteint depuis plusieurs années par des problèmes cardiaques, respiratoires et neurologiques.

Manipulateur cruel, il « jouait » avec la juge

Sa santé avait véritablement vacillé, en novembre dernier, après un malaise survenu dans sa cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Depuis, il ne parvenait plus à parler et avait besoin d’une assistance en permanence. C’est notamment pour cela qu’il n’a pas participé aux dernières opérations de fouilles menées dans les Ardennes dans le but de retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin, qu’il a reconnu avoir enlevée, en janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), et tuée. Ironie de l’histoire, Michel Fourniret disparaît alors que la juge Sabine Khéris n’a jamais semblé aussi proche de découvrir l’endroit où la fillette a été ensevelie et d’ordonner la tenue d’un procès d’assises.

Mais Eric Mouzin, le père de la fillette, et ses avocats ne comptaient, de toute façon, plus sur lui depuis longtemps. Cruel, le tueur était, en effet, passé maître dans l’art de manipuler les enquêteurs et de brouiller les pistes, trouvant sans doute ainsi l’aboutissement de sa perversion. Le 27 novembre 2019, lors d'une de ses nombreuses auditions, il avait d’ailleurs félicité la juge Khéris d’être une aussi bonne « joueuse » après qu’elle l’avait coincé sur une question. Sans pour autant en révéler davantage sur le scénario macabre…

Un vieillard qui participe à la reconstitution à Guermantes

A cette époque-là, il avait encore la capacité de s’exprimer. Ce n’est qu’après, petit à petit, au fur et à mesure de l’avancée de la vieillesse, qu’il a perdu ses facultés. « La période de confinement dans sa cellule en mars 2020 en raison du coronavirus semblait l’avoir beaucoup affecté », indique ainsi une source proche du dossier. Et en octobre, c’est un petit vieillard qui s’est donc avancé dans les rues de Guermantes pour tenter de participer à une reconstitution de l’enlèvement d’Estelle Mouzin.

Si son ex-femme Monique Olivier paraissait alerte, lui avait l’air d’un « clochard », selon un spécialiste judiciaire ayant participé aux opérations ce jour-là. Les cheveux en bataille, la barbe hirsute, sale dans un pantalon de jogging informe dissimulant ses problèmes de rétention d’eau et d’incontinence, les pieds engoncés dans deux grosses chaussures à scratch, le tueur ne semblait plus en mesure de pouvoir révéler quoi que ce soit. « Il était capable de dire que le café servi était bon et juste après il ne se souvenait pas en avoir bu… », confirme un membre de sécurité chargé de l’escorter lors du dispositif.

Quatre procès en attente et des recherches ADN encore en cours

Michel Fourniret meurt aujourd’hui avec deux condamnations à perpétuité à son actif. Mais son parcours criminel, lui, est encore mouvant. S’il a été reconnu coupable de la mort de huit jeunes femmes ou adolescentes, il était encore mis en examen dans quatre autres dossiers (Marie-Angèle Domèce, Joanna Parrish, Lydie Logé et Estelle Mouzin) pour lesquels il devait être jugé prochainement. Les procès devraient donc se tenir dans les prochaines années avec la seule Monique Olivier dans le box des accusés et des magistrats contraints de lire les déclarations alambiquées d’un tueur désormais disparu pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé.

Sans parler des comparaisons ADN toujours en cours et qui pourraient venir allonger la liste de ses victimes, lui qui a laissé entendre qu’il avait enlevé deux vies en moyenne par an entre les années 1990 et 2000. Le père d’Estelle Mouzin, lui, a déjà prévu de poursuivre le combat et de déporter le champ de bataille. Si tout semble indiquer que Michel Fourniret est bien l’homme qui a pris la vie de sa fille, il entend réclamer des comptes à l’Etat français en l’assignant en justice pour « le dysfonctionnement du service de la justice ». Une procédure au cours de laquelle il ne manquera pas de rappeler que Michel Fourniret a été l’un des premiers suspects à être interrogé avant d’être mis hors de cause par les enquêteurs sur une période de plus de quinze ans où il aurait, alors, pu être jugé…

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