Affaire Troadec : « C’est devenu difficile de manger de la viande », confie la sœur d’une des victimes

Publié le par 20 Minutes avec AFP

ASSISES Ce jeudi, troisième jour du procès Troadec-Caouissin, la cour d'assises a écouté les proches des victimes 

 Cécile de Oliveira et Olivier Pacheu, avocats des parties civiles. — S. Salom-Gomis/AFP

Cécile de Oliveira et Olivier Pacheu, avocats des parties civiles. — S. Salom-Gomis/AFP

  • Les époux Troadec et leurs deux enfants ont été tués dans la nuit du 16 au 17 février 2017 à Orvault. Leurs corps ont été dépecés.
  • Hubert Caouissin, 50 ans, est jugé pour meurtres et atteinte à l’intégrité de cadavres.
  • Le procès de la cour d'assises de Loire-Atlantique doit s'achever le 9 juillet.

Le troisième jour du procès Troadec-Caouissin, ce jeudi devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, a été marqué par la douleur des proches de la famille Troadec, victime en février 2017 d’un quadruple meurtre commis pour d’hypothétiques lingots d’or. « Je ne peux pas admettre que quatre personnes aient été massacrées, dépecées, brûlées par un pervers narcissique », a lancé Martine Solivères à la barre au sujet de l’accusé principal, Hubert Caouissin qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

« Je ne peux plus ouvrir un coffre de voiture » et c’est devenu « difficile de manger de la viande », a-t-elle poursuivi, effondrée. Martine Solivères avait été la première à donner l’alerte en février 2017, après plusieurs jours sans nouvelles de sa soeur Brigitte et Pascal Troadec (49 ans tous les deux), et leurs enfants, Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans). Hubert Caouissin, beau-frère de Pascal, a avoué aux enquêteurs avoir tué la famille à coups de pied de biche, avant de ramener les corps en voiture dans sa ferme du Finistère.

Proches, amis et collègues se succèdent

« C’est des gens qui avaient toute la vie devant eux, c’est juste horrible ce qui s’est passé », a soufflé la fille de Martine, Pauline, en racontant ses souvenirs d’enfance avec ses cousins installés à Orvault près de Nantes.

Comme les deux femmes, plusieurs membres de la famille, des amis et des collègues de travail de Pascal et Brigitte Troadec se sont succédé à la barre de la cour d’assises pour décrire la personnalité des victimes. « On ne peut pas faire le deuil de quelqu’un qu’on n’a pas vu partir », a ainsi expliqué une amie de Charlotte, la plus jeune des victimes, qui s’est déplacée depuis le Canada pour venir décrire une jeune fille « gentille, souriante » et « très fusionnelle » avec sa mère.

Hubert Caouissin tête baissée

Dans le box des accusés, Lydie Troadec​, sœur de Pascal Troadec et ex-compagne d’Hubert Caouissin, qui est accusée de recel de cadavres, a essuyé des larmes en voyant les photos de famille présentées par l’huissier.

Les jurés ont découvert les visages insouciants du couple Troadec lors de son mariage en 1993, l’enfance de Charlotte et Sébastien mais aussi celles de Lydie et Pascal Troadec, la fratrie qui s’est déchirée autour de lingots d’or qu’aurait découvert leur père, mais dont l’enquête n’a pas démontré l’existence.

Hubert Caouissin, tête baissée, a été peu sollicité par la présidente pour s’exprimer sur les victimes. Mais à propos de son beau-frère, il répond que Pascal Troadec « s’énervait très facilement à la moindre contrariété ».

Lydie qualifie quant à elle son frère d'« immature » et lui reproche de ne pas avoir pris de ses nouvelles quand elle luttait contre un cancer du sein en 2009. Mais un collègue de travail décrit simplement quelqu’un de peu bavard, d'« introverti », qui n’était pas du genre à se laisser « marcher sur les pieds ».

Un enfant « traumatisé »

Dans cette famille, qui avait « une vie tout à fait simple », qui a été « brisée en plein élan », poursuit Martine Solivères, Brigitte faisait elle figure de mère attentionnée. « Une mère-poule » qui n’avait pas de problème de famille, hormis avec Hubert Caouissin qui accusait le couple de spoliation, ce qui les avait conduits à s’éloigner, a abondé une ancienne collègue.

Sébastien était lui un garçon « très gentil, très doux » qui ne « pouvait faire de mal à personne », a raconté un de ses amis qui connaissait aussi sa sœur. Selon le jeune homme, le frère et la sœur « étaient promis à un bel avenir » qui leur « a été retiré ».

En fin d’audience, une administratrice ad hoc est intervenue pour évoquer la situation de Jean*, le fils des accusés, âgé de 12 ans. Elle a parlé d’un garçon « traumatisé par les faits » et « effaré par la médiatisation » de l’affaire, qui est « plein de curiosité », « très introverti » et qui « évolue positivement ».

Le procès, prévu pour durer trois semaines, sera consacré vendredi aux dépositions des enquêteurs.

* Le prénom a été modifié

Publié dans Articles de Presse

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