Anniversaire du D-Day : le dernier survivant du commando Kieffer est "fier d'en avoir fait partie"

Publié le par LCI par MM

MÉMOIRE - A l'occasion du 77e anniversaire du Débarquement en Normandie du 6 juin 1944 ce dimanche, Léon Gautier s'est confié à TF1.

Anniversaire du D-Day : le dernier survivant du commando Kieffer est "fier d'en avoir fait partie"

Anniversaire du D-Day : le dernier survivant du commando Kieffer est "fier d'en avoir fait partie"

Depuis la mort d'Hubert Faure à 106 ans, le 17 avril dernier, Léon Gautier, 98 ans, est le dernier des 177 bérets verts du commando Kieffer. "Il n'y en a plus, c'est moi le dernier", constate-t-il, pour TF1, à quelques mètres de la plage de Ouistreham (Calvados), qu'il a contribué à libérer en débarquant en Normandie, le 6 juin 1944.

En 1940, ces quelques dizaines de Français avaient rallié l'Angleterre pour s'entraîner aux côtés des Britanniques, en Écosse, et finalement débarquer avec eux, quatre ans plus tard. Au soir de cette journée noire, le commando de Français - les seuls en uniforme à avoir participé à l'opération militaire - compte déjà 10 morts. Il y en aura 17 les trois jours suivants et finalement 27 à la fin de la bataille de Normandie, fin août 1944. 

Ce 6 juin 1944, Léon Gautier et ses camarades sont à bord des barges 523 et 527. À 7h23, ils débarquent sur la plage Sword Beach. 77 ans plus tard, le béret vert du nonagénaire a subi les assauts du temps. Mais son sens de l'humour, lui, est parfaitement intact. "Il me va bien. Je n'ai pas pris la grosse tête", s'amuse-t-il en revêtant l'objet. 

Les souvenirs non plus n'ont pas disparu. "Il fallait prendre tous les blockhaus par l'intérieur. Parce qu'ils étaient faits pour tirer vers l'extérieur, vers la mer. Alors, nous on les prenait par derrière, c'était beaucoup plus facile, ils ne nous attendaient pas", se souvient l'ex-militaire.

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Même si je suis tout seul, j'irai sur la plage pour honorer mes copains- Léon Gautier

Une photo qu'il avait dans l'une de ses poches, au moment de se jeter à l'eau, est aussi restée intacte. On peut, aujourd'hui encore, y voir l'épouse de Léon Gautier, avec qui il était alors fiancé. "Je ne voulais pas me marier avant le débarquement. Parce que ce n'est pas la peine de faire une veuve à peine mariée. On ne savait pas si on allait revenir", poursuit-il. Le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer, dont le commando tire son nom, "nous avait dit : 'Il n'y en a pas dix d'entre vous qui reviendront intacts. Celui qui ne veut pas partir, qu'il vienne me voir, je ne lui en voudrai pas.' Mais tout le monde est parti", se remémore-t-il encore.

Léon Gautier se souvient aussi des réactions étonnées des tous premiers civils qu'il a libérés en Normandie. Ces derniers "n'avaient pas vu qu'on avait le drapeau français sur l'épaule" et prenaient Léon Gautier et ses compatriotes pour des Britanniques ou des Américains.

Publié dans Articles de Presse

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