Au premier jour de son procès à Amiens, Jacques Rançon nie à nouveau avoir tué Isabelle Mesnage

Publié le par France 3 Hauts-de-France par Eline Erzilbengoa avec Clément Barbet

Mardi 8 juin s'ouvrait le procès de Jacques Rançon devant la cour d'assises de la Somme. "Le tueur de la gare de Perpignan", déjà condamné à la réclusion à perpétuité, est cette fois jugé pour le viol et le meurtre d'Isabelle Mesnage près d'Amiens en 1986.

Jacques Rançon dans le box des accusés - Cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Valentin Pasquier / FTV

Jacques Rançon dans le box des accusés - Cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Valentin Pasquier / FTV

Déjà condamné à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes à Perpignan en 1997 et 1998, Jacques Rançon fait de nouveau face à une cour d’assises. Il est cette fois jugé à Amiens pour le viol et le meurtre d'Isabelle Mesnage en 1986 près d'Amiens. À l'époque, l'accusé vivait encore dans la Somme.

Cet ancien cariste de 61 ans s'est présenté mardi devant la cour d'assises de la Somme en chemise en blanche et pantalon noir, la barbe rasée, ses cheveux gris en arrière. Depuis le box, après avoir retiré son masque pour se présenter, Jacques Rançon lance un regard à chacun des jurés lors du tirage au sort. 

Jacques Rançon dans le box des accusés avant l'audience devant la cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Clément Barbet / FTV

Jacques Rançon dans le box des accusés avant l'audience devant la cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Clément Barbet / FTV

La présidente lit alors le résumé de l'ordonnance de mise en accusation, et demande à l'accusé d'y réagir. "C'est pas moi qui ai tué Isabelle Mesnage", répond-il. Elle le questionne alors sur sa détention. "J'étais à l'isolement durant 6 ans et demi. J'ai rien fait, j'ai regardé la télé. Tous les détenus m'insultent : Rançon assassin !"

Cette fois, contrairement au procès de Perpignan, Jacques Rançon parle. Après la lecture de son casier judiciaire, il répète : "oui j'ai fait tout ça, mais pas à Isabelle Mesnage."

Des aveux en 2019

Pourtant, le 20 juin 2019, Jacques Rançon avouait le meurtre de la Samarienne, en donnant "des détails qu’on n’avait pas et que seul le tueur pouvait connaître", précise l’avocate des parties civiles, Me Corinne Herrmann

Mais le 18 octobre, il revient sur ses aveux dans un courrier, expliquant qu'il a reçu des pressions des enquêteurs. "Il n’a jamais vu cette jeune fille", martèle son avocat Me Xavier Capelet, qui le représente depuis 2014 et considère qu’on veut "le faire rentrer au chausse-pied dans ce carcan". La cour doit ainsi se pencher sur les conditions dans lesquelles son client à avouer ce meurtre. 

Isabelle Mesnage, une jeune informaticienne de 20 ans, avait été retrouvée morte, le 3 juillet 1986, dans un bois de Cachy, près de Villers-Bretonneux dans la Somme.

L'enquête avait abouti finalement à un non-lieu en 1992. Mais avait été relancée en 2017 lorsque l’avocate Me Corinne Herrmann, spécialiste des tueurs en série, établit un lien avec l’affaire samarienne non-résolue qu’elle surveille de loin depuis une dizaine d’années. "C'est parce que Jacques Rançon a été identifié à Perpignan, que l'on a pu faire le rapprochement, et que l'on a pu observer que les actes qu'il a commis étaient très proches de ceux qui apparaissaient sur le corps d'Isabelle Mesnage", nous confie l'avocate, avant le début de l'audience. 

Son premier crime ? 

Le frère et la belle soeur d'Isabelle Mesnage sont présents lors de ce premier jour de procès. Après 35 ans sans réponse, cette audience signe l'heure de vérité pour les proches et la famille de la victime. "Ils ont peur des détails, ils sont dans l'angoisse, mais on va les accompagner sur ce chemin, affirmait l’avocate des parties civiles Me Corinne Herrmann avant le début de l'audience.. L'enjeu de ce procès, c'est de savoir si Jacques Rançon est un tueur en série, si son premier crime est bien celui d'Isabelle Mesnage. C'est vrai que c'est compliqué parce que certains témoins ne sont plus là, mais Jacques Rançon est là, il est capable de répondre aux questions."

À la barre, les témoins se sont succédés pour évoquer la personnalité de l'accusé. Sa demi-sœur évoque ses visites en prison pour le faire réfléchir sur ces actes passés. Les experts parlent un homme tracassé par son impuissance sexuelle. 

À la barre, la demi-sœur de Jacques Rançon lors du procès devant la cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Valentin Pasquier / FTV

À la barre, la demi-sœur de Jacques Rançon lors du procès devant la cour d'assises de la Somme mardi 8 juin 2021 • © Valentin Pasquier / FTV

À partir de mercredi, la cour devrait étudier les faits, la défense compte démontrer les incohérences du dossier. Le verdict sera rendu vendredi 11 juin. Jacques Rançon, risque une nouvelle fois la réclusion criminelle à perpétuité.

Publié dans Articles de Presse

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