Disparition de Lucas Tronche : comment les enquêteurs ont-ils pu passer à côté de ces indices ?

Publié le par France 3 Occitanie par Joane Mériot

Ce jeudi 24 juin, des ossements et des affaires pouvant appartenir à Lucas Tronche, l'adolescent de 15 ans disparu depuis 2015, ont été découverts à proximité de son domicile à Bagnols-sur-Cèze. Comment, alors que les recherches durent depuis près de 6 ans, les enquêteurs ont-ils pu passer à côté ?

 Des ossements et un sac pouvant appartenir à Lucas Tronche ont été découverts à proximité de son domicile - 24 juin 2021 • © MiKAEL ANISSET / MAXPPP

Des ossements et un sac pouvant appartenir à Lucas Tronche ont été découverts à proximité de son domicile - 24 juin 2021 • © MiKAEL ANISSET / MAXPPP

C’est le dénouement après six années de recherches. Ce jeudi 24 juin, des ossements mais aussi des vêtements qui ont été reconnus par les parents comme appartenant à Lucas Tronche ( un sac à dos, un blouson et une montre), cet adolescent de 15 ans disparu depuis le 18 mars 2015, ont été découverts sur une falaise entre Fangas et Saint-Gervais.

Le lieu de la découverte est situé au-dessus de Bagnols-sur-Cèze, il s’agit d’un endroit particulièrement escarpé et difficile d’accès.

Mais comment, après six ans de recherches, les enquêteurs ont pu passer à côté de ces indices situés à peine un kilomètre à proximité du domicile de Lucas Tronche à Bagnols-sur-Cèze ?

Pourquoi les recherches ont-elles été relancées ?

C’est la juge d’instruction, à son arrivée il y a deux ans, qui a relancé l’intégralité des investigations. Elle a décidé d’ordonner de nouvelles recherches, « des recherches prévues de longue date, nous dit le procureur de la république à Nîmes Eric Maurel, mais selon une méthode bien différente. Ces recherches étaient prévues depuis longtemps, mais il est difficile de mobiliser plus d'une centaine de personnes en même temps, pompiers et enquêteurs. »

En effet, des recherches avaient déjà été entreprises sur cette zone à plusieurs reprises, mais des coins restaient encore à explorer. "Il s’agissait pour la juge d’instruction de combler les blancs que l’on avait dans la carte à savoir que des zones avaient été ratissées, mais celles qui étaient d’une particulière dangerosité, d’un accès particulièrement difficile n’avaient pas encore pu être exploitées."

Une zone dangereuse et difficile d’accès

Car la zone en question où ont été retrouvés les ossements et les affaires de Lucas Tronche est une falaise sur plusieurs étages. Si cette zone n’avait jamais été fouillée, c’est parce qu’elle est dangereuse et accessible seulement en rappel par les secours « les pompiers du Gard ont dû déboiser une partie de la zone pour pouvoir accéder à la base de la falaise et créer de toute pièce un cheminement dans la nature. En revanche, sur les hauteurs, il y a des sentiers de chasseurs accessibles à pied et ces zones avaient été explorées. Mais les ossements découverts étaient situés à mi- falaise donc inaccessible sans l’aide des pompiers et des descentes en rappel. Sans leur intervention il était impossible d’y aller. »

D'autres pistes explorées à l'époque 

Depuis six ans, la famille, les proches de Lucas, les enquêteurs cherchaient l’adolescent sans comprendre ce qui s’était réellement passé. Une enquête colossale. Des dizaines de pistes avient été explorées : disparition, enlèvement, fugue ...

    A cette époque tout le monde avait à l'esprit de retrouver Lucas Tronche vivant et chercher sur cette falaise était admettre qu'il était mort Eric Maurel, procureur de la République à Nîmes

Des délinquants sexuels avaient été interrogés mais rien, aucune trace de l’enfant.

La piste de l’implication de Nordhal Lelandais avait même été exploitée par les enquêteurs. Des vérifications téléphoniques avaient été réalisées, car Lelandais avait été aperçu à plusieurs reprises dans les environs de Bagnols-sur-Cèze au moment de la disparition de Lucas. Sans résultat.

Les opérations de recherches ont débuté au début de semaine. 

Autre piste, celle de Simon Robbes, dit le corbeau. Pendant neuf mois, il avait envoyé des courriers anonymes aux parents de Lucas Tronche disant qu’il se trouvait avec l’enfant et que ce dernier se portait bien. L’homme avait finalement été arrêté et condamné par le tribunal correctionnel de Nîmes à deux ans de prison pour avoir envoyé ces courriers mensongers.  

Autant de pistes et de recherches qui laissaient de l’espoir aux parents et aux enquêteurs de retrouver l’enfant vivant. Ces pistes ont sans doute contribué à négliger l'exploration de certaines zones. 

Que va t-il se passer maintenant ? 

La juge d'instruction en charge du dossier va ordonner des examens médico-légaux et des examens génétiques pour confirmer qu'il s'agit bien des ossements de Lucas Tronche.

 "La juge d’instruction m’a fait savoir que toutes les hypothèses de travail étaient ouvertes, il pourrait s’agir d’une chute accidentelle, un geste volontaire de se jeter dans le vide ou encore une altercation qui aurait pu terminer par une chute nous dit le procureur de la République à Nîmes, avant de conclure, "mais il va être très difficile de savoir ce qui est réellement arrivé à Lucas Tronche il y a six ans." 

Publié dans Articles de Presse

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