Italie : indignation après la libération de l’assassin du juge Falcone

Publié le par Le Parisien avec AFP

Giovanni Brusca, 64 ans, a été relâché lundi pour bonne conduite de la prison romaine de Rebibbia après 25 ans derrière les barreaux. Il avait actionné la bombe qui tua le juge, sa femme et ses trois gardes du corps. 

Giovani Brusca peu après son arrestation, en mai 1996, avant son transfert depuis le quartier général de la police de Palerme vers une prison de haute sécurité (Reuters).

Giovani Brusca peu après son arrestation, en mai 1996, avant son transfert depuis le quartier général de la police de Palerme vers une prison de haute sécurité (Reuters).

La nouvelle a fait la Une de tous les journaux italiens ce mardi et le pays est sous le choc. Une libération anticipée a été accordée à Giovanni Brusca, condamné notamment pour l’assassinat en 1992 du célèbre juge sicilien antimafia Giovanni Falcone. L’homme, âgé de 64 ans, a été relâché lundi pour bonne conduite de la prison romaine de Rebibbia après 25 ans derrière les barreaux, période au cours de laquelle il avait accepté de collaborer avec les autorités. Il restera cependant sous liberté surveillée pendant quatre ans.

C’est Giovanni Brusca qui, en 1992, avait actionné la télécommande qui fit exploser une bombe contenant 400 kg d’explosifs sous la voiture du juge près de Palerme, tuant Giovanni Falcone, sa femme, et trois gardes du corps. La femme de l’un d’eux, Tina Montinaro, s’est dite « indignée » : « L’Etat est contre nous, 29 ans après nous ne connaissons toujours pas la vérité et (...) l’homme qui a détruit ma famille est libre ». « Humainement, c’est une nouvelle qui me fait de la peine, mais c’est la loi, une loi voulue par mon frère et qui doit être respectée », a réagi la soeur du juge Falcone, Maria, citée par le quotidien.

« Libération de Brusca, le boss le plus cruel », a titré le journal La Republicca. Il était l’un des collaborateurs les plus proches de Toto Riina, le chef de Cosa Nostra, la mafia sicilienne. Arrêté le 20 mai 1996, Brusca avait accepté de collaborer avec la justice et de témoigner lors de nombreux procès. Selon les médias italiens, il a reconnu avoir participé à des centaines de meurtres.

Une libération critiquée à droite comme à gauche

Ce boss sanguinaire avait également enlevé en 1993 le petit Giuseppe Di Matteo, 12 ans, fils d’un repenti. Après deux ans de séquestration dans des conditions innommables, il fut étranglé et son corps dissous dans l’acide, un acte de vengeance contre son père qui avait accepté de collaborer avec la justice. Selon la police, il s’agit « d’un des crimes les plus odieux dans l’histoire de Cosa Nostra ».

Sa libération a été critiquée par de nombreux dirigeants politiques, de droite comme de gauche. Le chef du Parti démocrate (PD, centre-gauche) Enrico Letta l’a qualifiée de « coup de poing dans l’estomac (qui) laisse sans voix, on se demande comment c’est possible ».

« Il est impossible de croire qu’un criminel comme Brusca puisse mériter une quelconque faveur. Sa sortie de prison donne des frissons », a commenté l’ex-président du Parlement européen Antonio Tajani, coordonnateur national de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (droite). « Une personne qui a commis ces actes, qui a dissous un enfant dans l’acide, qui a tué Falcone, est selon moi une bête sauvage et ne peut pas sortir de prison », a réagi de son côté le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini.

Publié dans Articles de Presse

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