Italie : le pays choqué après la libération du meurtrier du juge Falcone

Publié le par Le Point Source AFP

Giovanni Brusca, 64 ans, a été relâché lundi pour bonne conduite de la prison romaine de Rebibbia, après 25 ans derrière les barreaux.

Giovanni Brusca restera cependant sous liberté surveillée pendant quatre ans. © Lionel Vadam / MAXPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP

Giovanni Brusca restera cependant sous liberté surveillée pendant quatre ans. © Lionel Vadam / MAXPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP

La libération anticipée de Giovanni Brusca, condamné notamment pour l'assassinat, en 1992, du célèbre juge sicilien antimafia Giovanni Falcone, a causé mardi un choc en Italie, où la nouvelle figurait en première page de tous les journaux.

Giovanni Brusca, 64 ans, a été relâché lundi pour bonne conduite de la prison romaine de Rebibbia, après vingt-cinq ans derrière les barreaux, période au cours de laquelle il avait accepté de collaborer avec les autorités. Il restera cependant sous liberté surveillée pendant quatre ans.

« Libération de Brusca, le boss le plus cruel », a titré le journal La Repubblica. « Humainement, c'est une nouvelle qui me fait de la peine, mais c'est la loi, une loi voulue par mon frère et qui doit être respectée », a réagi la sœur du juge Falcone, Maria, citée par le quotidien.

Il a reconnu avoir participé à des centaines de meurtres

C'est Giovanni Brusca qui, en 1992, avait actionné la télécommande qui fit exploser une bombe contenant 400 kg d'explosifs sous la voiture du juge près de Palerme, tuant Giovanni Falcone, sa femme et trois gardes du corps.

La femme de l'un d'entre eux, Tina Montinaro, s'est dite « indignée » : « L'État est contre nous, 29 ans après nous ne connaissons toujours pas la vérité et (…) l'homme qui a détruit ma famille est libre. »

Brusca, l'un des collaborateurs les plus proches de Toto Riina, le chef de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, avait été arrêté le 20 mai 1996. Après son arrestation, il avait accepté de collaborer avec la justice et de témoigner lors de nombreux procès. Selon les médias italiens, il a reconnu avoir participé à des centaines de meurtres.

Une libération fortement critiquée

Ce boss sanguinaire avait également enlevé en 1993 le petit Giuseppe Di Matteo, le fils de 12 ans d'un repenti. Après deux ans de séquestration dans des conditions innommables, il fut étranglé et son corps dissous dans l'acide, un acte de vengeance contre son père qui avait accepté de collaborer avec la justice. Selon la police, il s'agit « d'un des crimes les plus odieux dans l'histoire de Cosa Nostra ».

Sa libération a été critiquée par de nombreux dirigeants politiques, de droite comme de gauche. Le chef du Parti démocrate (PD, centre gauche) Enrico Letta l'a qualifiée de « coup de poing dans l'estomac (qui) laisse sans voix, on se demande comment c'est possible ».

« Il est impossible de croire qu'un criminel comme Brusca puisse mériter une quelconque faveur. Sa sortie de prison donne des frissons », a commenté l'ex-président du Parlement européen Antonio Tajani, coordonnateur national de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (droite).

« Une personne qui a commis ces actes, qui a dissous un enfant dans l'acide, qui a tué Falcone est, selon moi, une bête sauvage et ne peut pas sortir de prison », a réagi de son côté le chef de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini.

Publié dans Articles de Presse

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