L’auteur de l’assassinat du juge antimafia Falcone libéré après 25 ans de prison, émoi en Italie

Publié le par Ouest-France avec Reuters

Ancien assassin de la mafia, Giovanni Brusca bénéficie d’une liberté conditionnelle grâce aux informations qu’il a données à la justice. Mais la nouvelle suscite l’indignation chez une partie des familles de ses victimes.

Giovanni Brusca dans les années 1990 après avoir été arrêté. | TONY GENTILE

Giovanni Brusca dans les années 1990 après avoir été arrêté. | TONY GENTILE

Giovanni Brusca, tueur repenti de la mafia, l’homme qui a notamment fait exploser la bombe responsable de la mort du juge Giovanni Falcone en 1992, a été libéré après 25 ans de prison, apprend-on mardi 1er juin 2021. Cette annonce suscite une vive émotion voire de la colère en Italie.

Désormais âgé de 64 ans, Giovanni Brusca a été arrêté en 1996, quatre ans après l’attentat spectaculaire qui a coûté la vie au juge antimafia Giovanni Falcone, à sa femme et à trois gardes du corps sur une autoroute près de Palerme.

Devenu un « repenti », il a ensuite aidé les enquêteurs italiens chargés de la lutte contre les clans de Cosa Nostra. Giovanni Brusca a reconnu sa participation à plus de 100 assassinats, notamment celui de Giuseppe Di Matteo, un adolescent de 14 ans dont le cadavre a ensuite été dissous dans de l’acide car il était le fils d’un informateur.

Tristesse chez les familles de victimes

« Il a collaboré avec la justice uniquement pour en tirer un bénéfice, ce n’était pas un choix personnel, intime », a déclaré Rosaria Costa, veuve de l’un des policiers tués dans l’attentat contre le juge Falcone, au quotidien Corriere della Sera.

Maria Falcone, sœur du juge assassiné, s’est dite « attristée » par cette libération tout en soulignant que Giovanni Brusca y avait droit. Ce dernier sera en liberté conditionnelle pendant quatre ans, selon les médias italiens.

« Quoi que l’on puisse penser des atrocités qu’il a commises à l’époque, il y a eu une collaboration […] N’oublions pas qu’il a fourni des informations sur des attentats aussi bien en Sicile que dans le reste de l’Italie », a dit le procureur national antimafia, Federico Cafiero De Raho. « À l’évidence, les juges ont considéré qu’il s’agissait de la peine de prison adéquate », a-t-il ajouté, malgré les critiques émises par une partie de la classe politique italienne.

Publié dans Articles de Presse

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