Poitiers: Janvier 1944, des familles raflées et spoliées

Publié le par Mémoires de Guerre

C'est dans l'une de ces hautes maisons, rue du Général-Berton, que le tableau aurait été "volé" - L'historien Jean-Henri Calmon - @ Photo NR
C'est dans l'une de ces hautes maisons, rue du Général-Berton, que le tableau aurait été "volé" - L'historien Jean-Henri Calmon - @ Photo NR

C'est dans l'une de ces hautes maisons, rue du Général-Berton, que le tableau aurait été "volé" - L'historien Jean-Henri Calmon - @ Photo NR

Dans la nuit du 31 janvier 1944 entre 0 h et 3 h du matin, une grande rafle est commanditée par le Kommandeur Herold, chef de la SIPO-SD (1). Elle verra l’arrestation dans la région de 481 juifs. Leur destination, Drancy, et pour beaucoup les camps de la mort. « Les Allemands en attendaient 600, commente l’historien poitevin Jean-Henri Calmon, spécialiste de cette période (2), il s’agit d’une opération de la police de Vichy aux ordres du préfet, qui va organiser méthodiquement cette rafle. De haut en bas, ils exécutent les ordres des Allemands. »

Avec la complicité des Français Dans les maisons « visitées » par la police, les biens, les objets sont mis de côté et « scrupuleusement répertoriés », poursuit Jean Calmon. Tableaux, meubles, statuettes disparaissent. « C’est du vol, du pillage organisé avec la complicité des Français mis à la disposition des occupants, de la manière la plus éhontée qui soit. On devrait aujourd’hui encore s’en scandaliser, réagir en disant les choses comme elles ont été face à ceux qui, aujourd’hui encore, veulent falsifier l’histoire. » En 1944, alors que l’issue du conflit en faveur de la France et ses alliés ne fait quasiment plus de doute, l’opinion publique poitevine a changé. L’historien a ainsi relevé : « Après la rafle qui vient d’avoir lieu, un rapport envoyé au préfet note que de plus en plus, on voit les policiers français faire la tâche des Allemands. Dans les faits, l’opinion croit que la police française fait corps avec la Gestapo»

(1) La SIPO-SD était la police de sûreté allemande qui regroupait deux organes : la Gestapo (police politique) et la Kripo (police criminelle). (2) Jean-Henri Calmon a notamment écrit « La chute du réseau Renard, 1942 : le SS, le préfet et le résistant » (Geste éditions). 

Publié dans Articles de Presse

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