Ratko Mladic, le "Boucher des Balkans", condamné à la prison à vie en appel

Publié le par Vosges Matin par La Rédaction

La justice internationale confirme la condamnation de Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995.

Ratko Mladic dans le box des accusés aux Pays-Bas à La Haye. Photo Peter DEJONG/AFP1 /1

Ratko Mladic dans le box des accusés aux Pays-Bas à La Haye. Photo Peter DEJONG/AFP1 /1

La justice internationale a confirmé mardi en appel la condamnation à perpétuité de l'ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995.

"La chambre d'appel confirme la sentence de prison à vie à l'encontre de M. Mladic", a déclaré le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), basé à La Haye, rejetant l'appel de l'ex-général, reconnu coupable notamment de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, le pire en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

"Un jour historique"

Le verdict, prononcé par cinq juges du MTPI, qui a pris le relais du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) après la fermeture de celui-ci en 2017, est final et ne peut plus faire l'objet d'un appel.

Les mères de certains des 8000 hommes et garçons musulmans tués par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en 1995 avaient fait le déplacement à La Haye.

"C'est un jour historique, non seulement pour nous les mères, mais aussi pour l'ensemble des Balkans, de l'Europe et du monde", a déclaré Munira Subasic, présidente de l'une des associations des "mères de Srebrenica".

Joe Biden salue cette condamnation

Le président Joe Biden a salué mardi la condamnation "historique" de l'ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladic, confirmée en appel par la justice internationale.

"Ce jugement historique montre que ceux qui commettent des crimes horribles seront bien tenus responsables", a jugé le dirigeant américain au sujet de Ratko Mladic, condamné pour pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995.

Ratko Mladic, surnommé le "Boucher des Balkans", âgé de près de 80 ans, avait été arrêté en 2011 après près de seize ans de cavale. Son nom est associé aux crimes de la guerre de Bosnie, du siège de Sarajevo au massacre de Srebrenica.

Des images de l'époque le montrent en train de distribuer à Srebrenica des bonbons à des enfants, mis ensuite dans des bus avec les femmes, tandis que les hommes et adolescents de la ville étaient conduits dans une forêt et exécutés.

Mladic a également été reconnu coupable d'avoir orchestré une campagne plus large de "nettoyage ethnique" pour chasser les musulmans et les Bosniaques des zones clés pour créer une Grande Serbie en ex-Yougoslavie, déchirée après la chute du communisme.

L'aura d'un héros pour les Serbes de Bosnie

Mladic, encore considéré comme défenseur du peuple serbe par de nombreux Serbes de Bosnie, a affirmé qu'il avait été entraîné dans le conflit malgré lui dès le début de la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait quelque 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Selon ses avocats, il n'y a pas de lien entre l'ancien général et les tueries qui ont été commises à Srebrenica et les charges de génocide qui lui ont valu une peine de détention à vie sont dénuées de fondement.

En août 2020, lors du procès en appel, Ratko Mladic a déclaré que le tribunal était un "rejeton des puissances occidentales" et affirmé être toujours "une cible de l'alliance de l'Otan".

Ratko Mladic est l'un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, condamné à la prison à vie en 2019, et l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d'une crise cardiaque en 2006, avant l'achèvement de son procès.

Publié dans Articles de Presse

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